Assurance auto / Réparateurs : Eric Girard, Directeur Général de Carglass, défend son enseigne

Selon le directeur général de Carglass, le réparateur bris de glace ne peut pas porter à lui tout seul la responsabilité des malheurs du secteur de l’assurance.

NA : Quelles sont les relations de Carglass avec les assureurs en général ?

Eric Girard : Elles sont globalement bonnes. Ce sont des relations commerciales, donc quelque fois plus tendues et d’autres fois plus apaisées. Les années 2009 et 2010 ont été difficiles pour les compagnies d’assurance car la fréquence générale des sinistres a augmenté de façon importante.

Pour le bris de glace, il faut analyser l’évolution sur le long terme. Entre 2002 et 2009, le taux de fréquence de bris de glace n’a pas augmenté, hors variations d’une année sur l’autre (selon les chiffres SRA).  Il était de 92 pour mille en 2002 et il est de 90 pour mille en 2009. Et en 2011, on devrait retrouver un taux de fréquence autour de 90 voire en dessous. Les compagnies d’assurance devraient être satisfaites.

Selon l’association 40 millions d’automobilistes, Carglass a profité de la suppression de la franchise des assureurs sur les réparations de bris de glace pour axer sa publicité sur la réparation (« En plus, avec votre assurance bris de glaces, le plus souvent, ça ne vous coûte rien »). Que répondez-vous à cette accusation ?

L’association a fait un amalgame. Lorsqu’il est dit que Carglass crée de la fréquence en faisant la promotion de la réparation au détriment du remplacement, et donc que les deux produits se cumulent, c’est une aberration statistique. La fréquence n’a pas changé. Toutes les réparations de ces dernières années sont venues en substitution de remplacements. Si l’on compare les années 2003 et 2009, ce sont 255.000 remplacements en en moins pour 260.000 réparations de plus.

Quant au fait de retirer la franchise sur la réparation, effectivement, le résultat est de libérer ce produit et de le favoriser, notamment par la publicité. Il n’y a rien d’anxiogène là-dedans, comme on a pu le dire. Toute la question est de savoir si la réparation est un acte d’entretien ou de prévention.

Comment expliquez-vous que la Maif refuse de travailler avec Carglass ?

C’est la seule qui refuse de travailler avec nous.  Nous n’avons plus d’agrément avec la Maif depuis 2006. Je ne pourrais pas vous donner l’explication exacte car à l’époque je n’étais pas le Directeur Général de Carglass. Je pense que la décision est due au fait que Carglass ait décidé de sortir du tarif constructeur, en 2003. Or c’est le tarif qui faisait référence auprès des compagnies d’assurance.

Pourquoi les primes d’assurances augmentent-elles, selon vous, si ce n’est pas à cause de la hausse du coût de la sinistralité ?

Le coût du bris de glace dans la totalité des sinistres automobiles est autour de 7% (10 %, selon les chiffres de la FFSA et du GEMA). Et malheureusement pour Carglass, nous ne représentons sur le marché que 32 %. Donc on peut considérer que Carglass ne pèse dans les coûts des sinistres que 32% de ces 7%. Carglass n’a quasiment pas augmenté ses tarifs ces dernières années. Donc je ne vois pas où est le lien entre nous et la hausse des primes d’assurance.

Le problème est beaucoup plus général. Les compagnies d’assurance ont vécu deux années difficiles sur l’ensemble de leur métier. Les conditions climatiques (tempêtes, froid, gel des routes) ont eu des conséquences relativement importantes sur l’augmentation des fréquences dans leur ensemble. Ajoutez à cela la médiocre situation économique internationale. Les compagnies d’assurance, de façon légitime, saine et raisonnable, ont donc augmenté leurs primes.

Comment expliquez-vous vos prix élevés par rapport à la concurrence ? (Le coût moyen d’un sinistre bris de glace en 2009 est de 323 euros, selon la FFSA et le GEMA.)

Notre tarif moyen est de 400 euros pour un remplacement de pare-brise. Nous l’appliquons à toutes les compagnies d’assurance et mutuelles avec lesquelles nous travaillons. Pour les autres, donc la Maif, nous appliquons un tarif majoré de 30%. Si l’on compare le tarif Carglass du pare-brise aux prix du top 100 (les enseignes qui représentent 60% des ventes sur le marché), nous sommes au même niveau que le tarif constructeur. Sur la totalité des pièces, en revanche, Carglass est effectivement plus cher de 5 à 20%.

Et sur la réparation, Carglass est aussi globalement plus cher mais nous sommes aussi les seuls  à faire une politique active de développement de ce produit. Il faut savoir que l’ensemble de nos réparations sont garanties à vie. A chaque fois qu’une réparation échoue, l’assureur va payer un pare brise au prix d’une réparation.

Le plus important, quand on veut comprendre le tarif, c’est de prendre en compte ce que j’appelle le coût moyen. C’est-à-dire le rapport entre le volume des primes et le volume des sinistres, du point de vue de l’assureur. Que me coute un sinistre moyen chez Carglass ? Nous avons des tas d’enquêtes menées par Ipsos et des organismes indépendants (Carglass n’a pas été en mesure de nous fournir ces enquêtes) : Carglass est aujourd’hui  inférieur à la moyenne des prix pratiqués de 10 à 15%.

C’est-à-dire que le coût moyen du sinistre (réparation, remplacement, vitres latérales), chez Carglass  est inférieur de 10 à 15% au coût moyen du marché. Et cela grâce à notre promotion de la réparation, qui représente 38% de nos interventions.  C’est quatre fois moins cher qu’un remplacement.

Carglass n’aurait donc rien à voir avec la hausse des primes d’assurance ?

Je crois que Carglass sert un peu de bouc-émissaire dans cette histoire. Pourquoi ? C’est probablement l’une des enseignes la plus connue sur le marché. De plus, quand un assuré va chez  son assureur, il va le voir dans 35 à 40% des cas pour lui parler de bris de glace. Et dans le bris de glace on pense à qui ? A Carglass. C’est nous faire un faux procès que de nous attribuer tous les maux du marché et toutes les difficultés des assurances aujourd’hui.

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