Aérien : les primes d’assurance attendues en forte hausse après la série noire de crashs

Après 10 ans de baisse (de l’ordre de 10 à 20% par an) des primes d’assurance des compagnies aériennes, elles pourraient grimper après la série noire d’accidents d’avion.

Après les deux crashs des vols de la Malaysia Airlines (celui dans l’Océan Indien en mars, et le Boeing abattu au-dessus de l’Ukraine en juillet), ceux d’Air Algérie et de Trans Asia en juillet et la destruction de 11 avions à Tripoli par les Djihadistes, les spécialistes s’attendent à une hausse des primes d’assurance. La première depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Dans une note de marché, le courtier SPVIE table sur une augmentation de 15 à 30% des primes pour les compagnies aériennes d’Asie et d’Europe. Parmi les principaux assureurs des vols de la Malaysia Airline, on retrouvait Allianz en chef de file, qui indemnise les victimes.

Axa est aussi un des principaux acteurs de ce marché Europe/Asie. “L’ensemble des catastrophes aériennes qui sont intervenues représentent entre 15 et 20M d’euros de charges pour le groupe Axa”, avait affirmé le directeur général délégué, Denis Duverne, en août dernier. De fait, le PDG d’Axa, Henri de Castries, déclarait alors que “ces catastrophes, dont le coût cumulé représente plus que les primes touchées en 2014, devraient avoir un impact sur la tarification l’année prochaine”.

A l’échelle mondiale, les primes encaissées d’assurance RC (indemnités pour les victimes et les tiers), corps (assurance de l’appareil) et “war” (couverture des tiers en cas de guerre) ont atteint environ 1,5 milliard de dollars en 2014, selon le courtier. Or, il faudrait déjà compter pour 1,815 milliard de dollars de sinistres dont 1,2 milliard de dollars pour le marché général (hors “war”). SPVIE anticipe un ratio sinistres à primes supérieur à 200% sur le marché général et de 250% en risque de guerre.

Malaysia Airline

Le crash du Boeing 777 de la Malaysia Airline en Ukraine a exigé la constitution d’une réserve (actuelle) de 600 millions de dollars dont 55 millions pour l’avion et 545 millions pour les victimes. Il est prévu une indemnisation moyenne de 2 millions de dollars par passagers (90% d’entre-eux étaient européens), indique le courtier.

Ces crashs vont affecter tous les marchés, y compris les compagnies aériennes américaines et canadiennes qui n’ont pourtant pas été concernées. Ces dernières devraient s’attendre à des hausses de 10 à 15% des tarifs pour les renouvellements du 1er décembre, juge le courtier SPVIE. L’aviation générale (privé, VIP, commerciale) pourrait aussi subir indirectement les conséquences de ces sinistres.

Ces accidents majeurs interviennent dans des délais très rapprochés et à un moment où le marché de l’assurance atteignait un point bas avec l’absence de sinistres majeurs ces dernières années, une plus grande fiabilité des avions et l’arrivée de nombreux assureurs et réassureurs.

“L’augmentation drastique de la matière assurable et la baisse graduelle des primes d’assurance sont le scénario parfait pour un retournement violent du marché en cas d’événement(s) majeur(s)”, prévient SPVIE. Le marché, “par nature extrêmement volatile” pourrait donc basculer avec ces sinistres.