Acquisition : la vente de la branche assurance du groupe Espirito Santo suspendue par la justice portugaise

La vente de l’assureur portugais Tranquilidade au fonds d’investissement américain Apollo Global Management a été suspendue par un jugement en référé de la Cour d’appel de Lisbonne, a annoncé mardi soir Novo Banco, la banque née cet été de la débâcle de Banco Espirito Santo (BES).

“Novo Banco a été informé qu’un jugement en référé a été prononcé” lui ordonnant de s’abstenir de conclure la vente de la totalité des actions de la compagnie d’assurance Tranquilidade à Apollo, comme le stipulait l’accord signé entre les deux parties à la mi-septembre.

Cette procédure en référé avait été déclenchée par les sociétés “CSCP II ACQUISITION LUXCO SARL” et “CCP CREDIT ACQUISITION HOLDINGS LUXCO”, a précisé Novo Banco dans un communiqué.

Novo Banco va examiner la décision de la justice portugaise et “prendra les mesures juridiques jugées nécessaires”. La banque a par ailleurs annoncé s’être mise d’accord avec Apollo pour prolonger le délai fixé pour la conclusion de la vente de Tranquilidade.

Selon la presse portugaise, l’accord de vente prévoit que le fonds d’investissement américain verse de 44 millions d’euros à Novo Banco et injecte 150 millions d’euros dans Tranquilidade pour rétablir son équilibre financier.

Les actions de l’assureur sont devenues la propriété de Novo Banco après avoir été données en garantie à Banco Espirito Santo afin que la banque puisse rembourser des clients particuliers ayant acquis des titres de dette de son principal actionnaire, Espirito Santo Financial Group (ESFG).

Mise en liquidation par la justice du Luxembourg, où elle a son siège, la holding ESFG avait d’abord contesté la vente de Tranquilidade par Novo Banco, puis réclamé le produit de l’opération.

Après avoir affiché des pertes record provoquées par les difficultés des autres sociétés du groupe, BES a été scindée en deux par la Banque du Portugal le 3 août. Ses actifs sains ont été regroupés au sein de Novo Banco, qui a bénéficié d’une injection de capital de 4,9 millions d’euros, et ses actifs toxiques ont été laissés dans une structure de défaisance.

Cette solution a toutefois suscité de nombreux contentieux juridiques, comme celui qui oppose la banque d’affaires américaine Goldman Sachs à la Banque du Portugal au sujet du placement dans la “bad bank” d’un prêt de 835 millions de dollars accordé par le fonds Oak Finance à BES juste avant son sauvetage.