Stratégie : “Direct Assurance a atteint sa maturité”, selon Godefroy de Colombe

Direct Assurance, spécialisé dans la vente sur Internet, déclare avoir atteint une rentabilité satisfaisante et vise une croissance à deux chiffres en 2013 comme en 2012.

Direct Assurance, filiale de vente à distance de l’assureur Axa, vise une croissance à deux chiffres de son activité en 2013, après une hausse de plus de 15% en 2012, a indiqué à l’AFP son PDG Godefroy de Colombe.

En 2012, Direct Assurance a enregistré un chiffre d’affaires de 332M d’euros, en hausse de 15,6% par rapport à l’année d’avant. “Nous avons toujours été sur des rythmes de croissance assez supérieurs à ceux de l’assurance en général, mais cette année, on a vu une vraie accélération”, s’est réjoui le PDG.

“Aujourd’hui, Direct Assurance a atteint sa maturité. Nous avons bien calibré l’offre et la tarification“, estime-t-il, précisant proposer des tarifs “en moyenne 208 euros moins cher que la concurrence”.

Offres 100% en ligne

Autre élément qui contribue au dynamisme de la marque, la confiance des clients pour des offres 100% en ligne, selon lui: “il y a quelques années, l’absence de contact physique avec un courtier pouvait faire douter les clients, notamment en cas de sinistre”.

Mais “les habitudes de consommation ont changé et la relation à distance se banalise considérablement”, une offre sur internet est comparable avec celle d’une assurance traditionnelle. En outre, l’assureur a désormais atteint la masse critique lui permettant d’être rentable et affiche un ratio combiné (indemnisation des sinistres rapportés aux primes perçues) en dessous de 96%, “parmi les meilleurs du marché”, selon le PDG.

“Pendant assez longtemps, le direct n’était pas considéré comme rentable car le modèle économique repose sur des économies d’échelle. Aujourd’hui nous avons atteint une taille critique adéquate et une rentabilité satisfaisante“, estime-t-il.

Marché : 3% du secteur

Le marché de l’assurance directe (contrats souscrits en ligne ou par téléphone sans passer par un intermédiaire) est toujours assez marginal en France, ne représentant qu’environ 3% du secteur. Direct assurance revendique environ 60% du marché du direct avec 633.000 clients et 740.000 contrats à son actif. A titre de comparaison, son premier concurrent Amaguiz (Groupama) gérait un portefeuille de 190.000 contrats fin 2012.

Le directeur général de Groupama SA, Thierry Martel, avait d’ailleurs regretté en février que le marché du direct en France “ne décolle pas comme on pouvait l’espérer”, soulignant que le poids du direct dans le secteur de l’assurance était “stable depuis 10 ans”.

Pour Godefroy de Colombe, l’assurance directe dispose encore d’un fort potentiel de croissance au regard de ce qu’elle représente ailleurs en Europe:

“En Espagne et en Italie, qui sont des marchés comparables à la France, le direct pèse 10 à 12% du secteur, un phénomène récent qui a connu une accélération sur les 3 dernières années”.

AFP