Solvabilité 2 : La majorité des assureurs prévoit un coût de mise en conformité plus élevé que prévu (étude)

Selon les résultats d’une étude Accenture, plus de la moitié (57 %) des assureurs européens estime que le coût total de mise en conformité avec la directive Solvabilité II sera supérieur à leurs prévisions initiales. Près d’un tiers (29 %) anticipent un coût de plus de 25 millions d’euros pour s’aligner sur les nouvelles normes et, parmi eux, 7 % plus de 100 millions d’euros. Dans une étude comparable menée en 2007, seuls 4 % des assureurs interrogés s’attendaient à dépenser plus de 25 millions d’euros, et aucun d’entre eux n’envisageait un coût de plus de 100 millions d’euros.

L’étude Accenture révèle que seul 22 % des répondants projettent de s’en tenir uniquement aux exigences de Solvabilité II, donnant à penser que les 78 % restants sont prêts à aller plus loin dans leurs projets de mise en conformité.

« Les assureurs ont une bien meilleure compréhension qu’il y a trois ans de la portée et de la complexité de la mise en œuvre des trois piliers de la réforme – ce qui pourrait expliquer la révision à la hausse de leurs estimations financières explique Eric Jeanne, responsable Risque et Finance pour le secteur de l’Assurance chez Accenture en France. « Les assureurs ont désormais bien identifiés les différents changements qui découleront de Solvabilité II, et en particulier des impacts beaucoup plus importants qu’initialement prévus sur les organisations, les processus et l’informatique. »

Pour Jean-François Gasc, responsable du secteur Assurance d’Accenture en France : « En réalité, le coût total de l’adoption de Solvabilité II pourrait être encore plus élevé, car nous anticipons une âpre guerre des talents. Les assureurs vont en effet être confrontés à une pénurie de compétences ces prochaines années. Les actuaires et les architectes en solutions de gestion du risque se font déjà rares, et plus globalement les expertises nécessaires pour mener à bien les projets Solvabilité II vont être très demandés au cours des deux années à venir. »

La plupart (53 %) des assureurs européens interrogés se disent prêts pour l’échéance de fin 2012, et moins d’un tiers (29 %) déclarent avoir encore des dispositions à prendre pour respecter l’échéance. Ils sont seulement 14% à prévoir de se conformer uniquement au minimum de mesures obligatoires pour la date butoir, puis de poursuivre leurs efforts après 2012. Seuls 4% des assureurs craignent de ne pas être prêts dans les délais prévus.

Parmi les nombreux enjeux soulevés par la mise en conformité avec Solvabilité II, les deux principaux concernent la mise en œuvre des capacités de gestion des données garantissant leur exhaustivité et fiabilité (45 % des assureurs y voient un défi majeur), et l’homologation des modèles internes pour le calcul « Capital de Solvabilité Requis » ou SCR (pour 45 % des répondants également). Le troisième enjeu, cité par 38 % des assureurs, porte sur l’intégration des modèles internes à la fonction de gestion globale du risque.

Autre conclusion importante : 69 % des répondants déclarent avoir encore des avancées importantes à faire pour définir et mettre en place une architecture informatique intégrée de gestion du risque. L’objectif est de bénéficier d’une vision d’ensemble cohérente de la totalité des risques supportés par l’entreprise, en fédérant les multiples applications aujourd’hui utilisées pour modéliser les différents types de risques et en les intégrant dans les processus de décision.

« Si la plupart des assureurs sont convaincus de pouvoir respecter l’échéance de fin 2012, notre étude montre qu’il leur reste encore beaucoup à faire pour mener à bien leurs programmes de mise en conformité à Solvabilité II, déclare Eric Jeanne. Dans une majorité de cas, ils ont définis leur niveau d’ambition et une feuille de route pour y parvenir, mais le plus dur reste à venir, car il leur faudra passer de la théorie à la pratique. Le nouvel enjeu aujourd’hui pour les assureurs va être de délivrer les plans qu’ils ont conçus. »