Sferen : Passage de témoin entre Roger Belot et Daniel Havis et premier bilan

Le changement de président à la tête de Sferen, Sgam regroupant Macif, Maif et Matmut a été l’occasion de présenter un bilan de l’entité après deux ans d’activité. Entre projets aboutis, chantiers en cours et spécificités viscérales des trois mutuelles d’assurances, certaines choses restent compliquées.

Le passage de témoin entre Daniel Havis (Matmut), nouveau président de Sferen et Roger Belot (Maif), qui a occupé le poste pendant deux ans, a été officiellement fait devant la presse jeudi 12 janvier. Gérard Andreck, président de la Macif, troisième composante de la Société groupe d’assurances mutuelles (Sgam) Sferen était également présent.

Ce fut l’occasion pour les trois hommes de revenir sur un premier bilan mais également sur la forme de la Sgam et ses objectifs même si, pour son nouveau président, le modèle de la Sgam est « très ouvert » et rend parfois les choses complexes.

« Nous n’avons pas choisi la voie de la simplicité » Daniel Havis, président de Sferen

« Nous avons gardé la souveraineté de chaque mutuelle » a introduit Daniel Havis pour parler de cette forme de Sgam rappelant que « le réflexe d’indépendance est ancré dans les gènes de nos mutuelles ». La structure est dirigée par Paul Le Bihan, directeur général, mais « Sferen propose et les mutuelles disposent » a ajouté le nouveau président, convenant : « nous n’avons pas choisi la voie de la simplicité ».

Sferen est donc, comme l’objectif de départ le voulait « au service des trois mutuelles » d’assurances qui la composent. Dans ce domaine, l’année 2011 aura apportée quelques évolutions. Le chantier des achats hors assurances a notamment permis une économie de 13M d’euros. « C’est une première réussite de la Sgam » a commenté Roger Belot, président de Sferen depuis deux ans et président de la Maif. Ces achats qui concerne les système d’informations et les achats médias notamment permettent une économie annuelle pour l’ensemble des trois entités.

En réassurance, autre chantier, l’effet Sferen a permis une « mutualisation des capacités, d’obtenir des tarifs plus attractifs et des protections plus élevées » là encore pour la Macif, la Maif et la Matmut. Roger Belot a également voulu souligner un bilan humain, accentuant sur le fait que la Sgam obligeait les équipes de chaque société à travailler ensemble malgré la concurrence quotidienne.

Projets à deux ou trois et pas de nouvel entrant

Le plus gros chantier encore en cours est celui de la réparation automobile. Premier donneur d’ordre avec 12,5 millions de véhicules assurés selon Roger Belot, Sferen entend peser sur ce marché de la réparation et réaliser des économies qui pourraient s’élever à 50M d’euros par an selon leurs estimations. En attendant, le projet concerne la Maif et la Matmut. Les deux mutuelles d’assurances veulent mettre en place un réseau de réparateurs agréés et d’experts d’ici à 2013. La Macif rejoindra le projet par la suite, étant déjà prise dans une réorganisation de fond. Par contre, Sferen discute avec les « trois principaux réparateurs de bris de glace » pour faire baisser les coûts.

L’objectif de la Sgam reste donc les économies sans toucher à certains secteurs. « Nous nous sommes penchés sur l’assurance-vie » a expliqué Roger Belot lors de la présentation de son bilan « mais nous avons considéré que les conditions n’étaient pas réunies ».

Quant à l’arrivée d’une autre mutuelle d’assurance dans la Sgam, le projet semble lointain. « Nous sommes en phase de construction et c’est assez compliqué. Un nouvel entrant pourrait encore compliquer les choses » a expliqué Daniel Havis « nous avons, la Matmut et la Macif, des Sgam qui peuvent permettre à un nouvel entrant d’arriver dans Sferen par ce biais ».
Le cas de la SMACL, qui avait postulé à une entrée dans Sferen, a été réglé par une orientation vers un partenariat avec la Maif, ont expliqué les trois présidents.