Santé : Jean-Martin Cohen-Solal souhaite accroître le rôle des mutuelles

Jean-Martin Cohen-Solal a insisté jeudi matin sur le rôle de régulateur que doit endosser la complémentaire santé, et a de nouveau regretté que les mutuelles ne servent qu’à collecter un nouvel impôt.

Jean-Martin Cohen-Solal Jean-Martin Cohen-Solal, directeur général de la Mutualité française, est intervenu jeudi matin dans le cadre de la conférence Economie Santé organisée par les Echos. Dans le cadre d’une table ronde sur le financement des dépenses de l’Assurance maladie, il a tenu à rappeler la place des complémentaires santé.

Faisant référence à la hausse de la TSCA sur les contrats responsables et solidaires, il a regretté que les mutuelles fassent office de « collecteur d’impôt », puisqu’il s’agit selon lui d’un « quasi-prélèvement obligatoire ». La Mutualité française est entrée dans une campagne publicitaire pour dénoncer cette taxe, campagne qui lui a coûté 600.000 euros, a annoncé Jean-Martin Cohen Solal.

« Les complémentaires santé sont de plus en plus sollicitées », a-t-il ajouté, notamment là où on ne les attend pas forcément.  Il a combattu «  l’idée fausse » selon laquelle un patient en ALD n’aurait pas besoin de complémentaire santé, mettent en évidence les restes à charge importants de ceux-ci. Deuxième « idée fausse » selon le directeur général de la Mutualité française, celle que les complémentaires santé ne couvriraient que les soins courants. Or la couverture des gros risques est également à prendre en considération selon lui.  

Régulateur

Compte tenu des responsabilités qu’elles exercent, il regrette que les mutuelles, dont le rôle tend à s’accroître, n’aient pas le droit de signer des conventions avec des professionnels de santé pour intervenir plus directement dans la régulation des dépenses de santé. « Rien n’est fait pour nous donner un rôle de régulateur », a-t-il déploré, faisant allusion à la censure de l’article 54 de la loi Fourcade.

Jean-Martin Cohen Solal a dressé deux constats : le recours excessif à l’hospitalisation, et la part trop importante de médecins spécialistes par rapport aux médecins généralistes. Il y a selon lui un problème d’efficience dans la gestion des dépenses de l’Assurance maladie et des complémentaires santé. L’existence, dans certains contrats, de remboursements de tous les dépassements d’ honoraires ou de médicaments non remboursés par l’Assurance maladie, est elle aussi remise en question : « Nous ne sommes pas assez  régulés », a-t-il reconnu.