Résultats 2016 : Bénéfice en hausse pour Intesa qui étudie le cas Generali

La banque italienne Intesa Sanpaolo, objet d’une forte attention en raison de son intérêt pour l’assureur Generali, a annoncé vendredi viser une croissance de ses revenus en 2017 et a confirmé ses objectifs de dividende, après une forte hausse de son bénéfice net en 2016.

Celui-ci a progressé de 13,6%, à 3,1 milliards d’euros, un chiffre conforme aux attentes des analystes. En excluant des charges – comme une dévaluation de sa participation dans le fonds Atlante – et des contributions au Fonds de résolution bancaire, il atteint 3,67 milliards. Le bénéfice opérationnel (Ebit) a, lui, baissé de 1,5% sur l’année, à 16,9 milliards d’euros.

Le ratio de fonds propres durs (CET 1 fully-loaded) de la banque, qui mesure sa capacité à faire face à une crise, s’élevait à 12,9% fin décembre, un niveau très élevé. Lors des tests de résistance menés sur 51 banques européennes par l’Autorité bancaire européenne (EBA), Intesa avait affiché fin juillet parmi les meilleurs résultats.

Son stock de créances douteuses, un des sujets d’inquiétudes autour des banques italiennes, a diminué de 6,3 milliards d’euros en 15 mois. Son patron, Carlo Messina, s’est félicité de « résultats robustes », et ce « dans un environnement économique beaucoup moins favorable que celui prévu dans le plan stratégique 2014-2017 », avec la « forte turbulence sur les marchés financiers ». Intesa « reste une des banques les plus efficaces en Europe avec un ratio coût/revenu de 51%, contre une moyenne du secteur à 65% », a-t-il insisté.

Pour 2017, la banque vise une croissance de sa marge opérationnelle, grâce à une hausse de ses revenus et à une gestion continue des coûts et risques. Elle a confirmé le versement d’un dividende de 10 milliards d’euros de 2014 à 2017, dont 3 milliards en 2016. M. Messina a souligné qu’entre 2014 et 2016, le groupe avait distribué 600 millions d’euros de plus que prévu dans le plan.

Pour 2017, il s’est engagé à verser 3,4 milliards. Il a souligné que la banque était encore « en position de payer 4 milliards », mais a préféré la prudence en raison du contexte: « je préfère dépasser ma promesse que ne pas la tenir ».

Ces déclarations interviennent alors que le marché s’inquiète des conséquences en terme de dividende d’un éventuel rapprochement avec Generali. Intesa a confirmé le 24 janvier examiner de « possibles combinaisons industrielles avec l’assureur ». Mais ceci est « seulement » une hypothèse de travail, « parmi les différentes analyses que la direction de la banque mène régulièrement concernant (ses) options de croissance », a précisé Intesa vendredi.

Une porte-parole a ainsi « démenti vigoureusement que la banque soit en train d’étudier une offre publique d’échange » alors que la presse se faisait jeudi l’écho du lancement imminent d’une telle opération. « Nous sommes seulement à la deuxième étape (sur trois) de l’analyse », a précisé M. Messina, en soulignant que la banque prendrait « tout le temps nécessaire pour mener une étude solide et complète ».

Il a affirmé que toute opération devait respecter des critères précis: « être neutre en terme de capital », afin de « maintenir notre force patrimoniale », et continuer à pouvoir « rémunérer de manière significative les actionnaires ». « Nos actionnaires sont ma priorité numéro un » et quoi qu’il se passe ils recevront 3,4 milliards en 2017, a-t-il martelé plusieurs fois.

Lors des célébrations des dix ans de la banque le 26 janvier, il avait souligné que ses dirigeants n’étaient « pas des pirates » et qu’une éventuelle opération serait donc menée de façon « transparente ». Depuis le début des rumeurs le 21 janvier, le titre Intesa a perdu 12% à la Bourse de Milan. Mais vendredi soir il a clôturé en gagnant 2,66% à 2,238 euros, le marché étant rassuré par les déclarations de M. Messina.

Un rapprochement avec Generali permettrait de construire un grand pôle de la banque et de l’assurance, avec une capitalisation boursière combinée de 60 milliards d’euros. Il s’agirait d’une des plus importantes opérations menées dans ce secteur en Europe. Mais Generali a pris une mesure défensive en acquérant le 23 janvier, via un prêt de titres, l’équivalent de 3,01% des droits de vote d’Intesa. Cette manoeuvre lui permet de se prémunir d’une montée de la banque, sauf si celle-ci lance une OPA ou OPE sur au moins 60% de son capital.