Résultats 2015 : La réassurance attend la fin du cycle baissier

INFOGRAPHIES – Ce mardi 12 juillet, l’Apref présentait les résultats 2015 de la réassurance dans le monde et en France. Le secteur attend toujours la fin du cycle baissier au niveau tarifaire.

C’est sous sa nouvelle gouvernance, mais sans son président, Denis Kessler, que l’Apref présentait les résultats de la réassurance. Comme l’année dernière et depuis une dizaine d’années, le résultat est le même, les tarifs continuent de baisser, notamment sur les cat’nat’ dont le rol index recule de 9%. « La réassurance est cyclique. Toute la difficulté est de savoir quand le cycle que nous connaissons se terminera. Peut-être en 2016. Peut-être en 2017 », lance Patrick Duplan, délégué général de l’association.

En revanche, contrairement au précédent exercice, l’année 2015 marque une baisse du chiffre d’affaires au niveau mondial à 240Mds de dollars contre 245Mds en 2014. Il s’agit d’une première enregistrée depuis 2008. Le secteur continue par ailleurs à se consolider, et les 5 premiers réassureurs mondiaux se taillent la part du lion avec 49% du chiffre d’affaires mondial. Un poids, là aussi, en recul par rapport à 2014 (55%). Peu d’évolution dans ce top 5 toujours dominé par Munich Re, si ce n’est le passage de la 4e à la 5e place du réassureur français Scor.

Le fossé est nettement plus important chez les courtiers en réassurance, puisque les 4 premiers captent 80% du chiffre d’affaires mondial avec un écart de 1 à 5 entre le premier, Aon Benfield et le quatrième, JLT Re.

Du côté des résultats techniques, l’année 2015 est également marquée par une dégradation du ratio combiné qui perd 12 points en un an à 98%. Pourtant, la sinistralité s’est contractée à la faveur d’une absence d’évènement naturel d’ampleur en matière de coûts assurés et malgré l’explosion de Tianjin dont le coût est estimé entre 3 et 6Mds de dollars.

Sur les cat’nat’, la réassurance alternative portée par les Banques de financement et d’investissement continuent de gagner du terrain. Elle représentait 18% des limites catastrophes achetées en 2015 contre à peine 8% en 2008.

La France, un marché spécifique ?

En France, le constat est le même avec une baisse des encaissements aussi bien en vie qu’en non-vie. Reste toutefois qu’il s’agit d’une vision tronquée de la réalité, comme nous l’expliquait François Vilnet, ancien président de l’Apref, l’année dernière. En non-vie, le marché français est orienté sur le non-proportionnel en excess. Autrement dit, le réassureur n’intervient qu’à partir d’un certain seuil de sinistres et dans une certaine limite de prise en charge une fois ce seuil dépassé, le reliquat retournant à la cédante.

En vie, la réassurance est très largement proportionnelle (92,8%), mais avec une forte proportion de cessions entre assureurs qui n’entrent donc pas dans le champ de l’Apref.

2016 part mal en termes de sinistralité

Pour 2016, les perspectives demeurent incertaines sur les résultats des réassureurs. Munich Re a par exemple vu son bénéfice net baisser au premier trimestre. Une chose semble acquise, la sinistralité cat’ devrait repartir à la hausse. « Les six premiers mois de l’année sont l’équivalent de toute l’année 2015 en matière de sinistres et de coûts assurés », indique Patrick Duplan. Une constatation illustrée par la dernière étude de Munich Re qui souligne qu’au premier semestre, les catastrophes naturelles avaient engendré 70Mds de dollars de dommages, dont 27Mds étaient assurés. En 2015, c’était 59Mds de dollars dont 19Mds assurés.

De son côté, l’Apref va continuer de travailler sur les sujets qu’elle porte depuis sa création. Elle espère ainsi profiter du Brexit et s’appuyer sur la Fédération française de l’assurance pour faire de Paris une place forte de l’assurance et de la réassurance. « Avec la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe, la place forte bancaire de l’union doit être Francfort, et celle de l’assurance doit être Paris, puisque nous devenons de fait le leader de l’UE », a déclaré Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance.

L’Apref continue par ailleurs de militer pour la création d’un poste de risk manager au niveau de l’Etat.