Rémunération : Les salariés du secteur financier mieux servis que les autres

Le secteur financier rémunère mieux ses salariés que les autres secteurs et la prime salariale ainsi récoltée est plus intéressante pour les employés que pour les cadres, affirme le Conseil des prélèvements obligatoires dans un rapport dont l’AFP a eu copie mercredi.

Afin de calculer l’incidence de la taxe sur les salaires versée par ce secteur (banques, assurances…) pour compenser notamment un régime de TVA partielle spécifique, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) a effectué une enquête sur les salaires qui y sont pratiqués, une première du genre pour la France.

Cette enquête qui s’appuie sur les données de l’Insee et du ministère du Travail, montre qu'”à qualification, expérience professionnelle, sexe et zone de résidence identique”, un salarié du secteur financier est payé entre 11% (années 90) et 16% (2002-2007) de plus qu’un salarié ne travaillant pas dans ce secteur.

Au total, la part de prime salariale du secteur financier sans considération individuelle est de 4% environ.

Cette prime bénéficie en outre “davantage aux employés (5,1% en moyenne) qu’aux cadres (1,2% en moyenne) alors qu’on pouvait s’attendre à ce qu’elle bénéficie davantage aux salariés les plus diplômés, c’est-à-dire aux plus hautes rémunérations.

La taxe sur les salaires, un impôt progressif (entre 4,25% et 13,6%) que n’acquittent pas les sociétés non financières, peut expliquer cet écart, estime le CPO. Cette taxe “semble donc permettre de corriger la distorsion de salaires induite par la rente du secteur”, observe-t-il.
Il rappelle néanmoins que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 prévoit une tranche supplémentaire à 20% pour les salaires annuels bruts supérieurs à 150.000 euros, dont l’impact est aujourd’hui inconnu.

Le Conseil relève enfin que cette prime salariale dans le secteur financier, en vigueur dans les années 90 et 2000 pourrait vite baisser voire disparaître dans les années à venir “compte tenu des conséquences de la crise financière”.