Rémunération: L’ex-DG de Generali part avec une prime de 10,6M d’euros sur un bilan médiocre

Alors que les bénéfices de Generali ont fondu de moitié en 2011, Giovanni Perissinotto, ex-DG, a bénéficié d’une généreuse prime de départ de 10,6M d’euros. Son successeur, Mario Greco a, quant à lui, été accueilli avec un golden hello de 1,3M d’euros. 

Débarqué de son siège de directeur général de Generali par les actionnaires à l’été 2012 dans un climat houleux, Giovanni Perissinotto, ne sera pas parti les mains vides.

L’ex DG a touché une indemnité totale de départ de plus de 10,6M d’euros. Ajouté à son traitement de 818.000 euros pour le premier semestre, cela porte sa rémunération totale pour 2012 à près de 11,5M d’euros. Giovanni Perissinotto qui occupait la tête du groupe depuis 2001, a pourtant dû quitter l’assureur italien avec fracas, révoqué par le conseil d’administration le 2 juin 2012.

Colère des actionnaires

En raison d’une chute des bénéfices de près de 50% en 2011 (à 856M d’euros) et d’un dérapage du cours de l’action de 30% depuis le début 2012, le dirigeant était poussé vers la sortie par l’actionnaire majoritaire Mediobanca et de grands actionnaires privés. En 2012, les actionnaires ont vu leurs dividendes diviser par deux à 0,20 euros par actions.

Generali a payé son exposition à la dette grecque et italienne et sa participation dans Telecom Italia. En 2011, l’assureur a passé pour 1,02Md d’euros de charge exceptionnelle.

S’accrochant à son poste, en justifiant un différend avec Mediobanca dans une affaire étrangère à Generali et des conditions de marché difficiles, Giovanni Perissinotto refusait de démissionner jusqu’au vote d’une motion de défiance le 2 juin 2012 par 10 des 16 administrateurs présents. Le comité exécutif motivait ce départ par “l’exigence” d’une “discontinuité” dans la gestion du groupe.

Giovanni Perissinotto n’est plus le manager “approprié pour gérer Generali depuis longtemps“, avait lâché Leonardo Del Vecchio, un de ces grands actionnaires privés, fondateur de Luxottica, détenant 3% de Generali.

Malgré cette colère et la contre performance, l’assureur au “Lion de Trieste” a consenti à un beau golden parachute pour son ancien directeur. L’assureur indique dans son rapport annuel que “le 12 juin, son engagement contractuel au sein de la société s’est achevé par un accord à l’amiable (…) Pour cette raison et en suivant la politique de la société en cas de départ prématuré de ses fonctions, M. Perissinotto s’est vu payer un montant total brut de 9,073M d’euros (…) M. Perissinotto a également signé une clause de non concurrence qui engage la société à lui payer un montant total brut de 1,584M d’euros ».

Cerise sur le gâteau : le patron pourra toujours profiter de sa maison de fonction à Milan et d’une déduction partielle de ses dépenses jusqu’à la fin 2013.

Golden goodbye… Golden welcome

Aujourd’hui mis à la diète, Generali a lancé un vaste plan d’économies de 600M d’euros par son nouveau DG, Mario Greco, nommé le 1er août 2012. Et pour ne froisser personne, ce dernier s’est également vu attribuer un beau golden hello de 1,3M d’euros. Cela porte sa rémunération totale pour 2012 à 1,88M d’euros.

L’assureur, visiblement échaudé, a voulu mettre à l’aise Mario Greco. “Afin de faciliter l’établissement des relations de travail entre la société et M. Greco, certaines conditions plus favorables lui ont été accordées : M Greco recevra une prime brute de 1,3M d’euros pour 2012 seulement (…) un versement unique sous forme de 380.868 actions Generali”, indique le groupe.

Dernier avantage : Mario Greco pourra aussi prétendre à une généreuse prime de départ en cas de révocation de son mandat… La boucle est bouclée.