Prudential dit n’avoir aucune indication que Mark Wilson, patron d’AIA veut partir

L’assureur britannique Prudential, auteur d’une tentative de rachat géante d’AIA, filiale américaine d’AIG, a tenté mardi d’éluder des spéculations selon lesquelles le patron d’AIA jugeait cette acquisition record vouée à l’échec, et démissionnerait si elle était menée à bien.

“Nous n’avons aucune indication que Mark Wilson (le directeur général d’AIA) projette de partir”, a déclaré à l’AFP un porte-parole de Prudential.

Le Financial Times a affirmé mardi à sa Une que Mark Wilson avait confié à des proches et à de hautes figures du secteur qu’il partirait si Prudential parvenait à racheter AIA, car il estimait que le rapprochement entre les activités asiatiques du groupe britannique et la société qu’il dirige était “infaisable”.

L’assureur britannique a refusé de commenter plus avant cette nouvelle fracassante, qui a jeté une nouvelle ombre sur sa tentative de rachat d’AIA, et éclipsé l’introduction en Bourse du groupe britannique sur les Bourse de Hong Kong et Singapour, réalisée ce mardi avec succès.

Mais l’assureur a néanmoins défendu le bienfondé de ce rachat et assuré qu’il croyait toujours en ses chances de boucler cette opération hautement controversée. “Nous avons toute confiance dans la solidité et les capacités des équipes de direction des deux sociétés et dans notre capacité à intégrer efficacement” AIA, a ajouté le porte-parole, ajoutant que “nous pensons que cette transaction apportera une importante valeur à long terme à nos actionnaires”.

L’acquisition d’AIA, annoncée début mars, est la plus coûteuse (35,5 milliards de dollars) jamais lancée dans l’histoire du secteur de l’assurance. Elle est censée propulser Prudential au rang de leader international de l’assurance-vie en Asie, lui donnant les clefs d’une région présentant un énorme potentiel de croissance.

Mais de nombreux actionnaires du groupe voient dans ce rachat, qui va transformer le groupe, un pari très risqué, et certains ont promis de s’opposer à l’augmentation de capital géante (14,5 milliards de livres) que le groupe projette pour financer ce rachat record.

Prudential pourrait donc avoir du mal à obtenir les 75% de votes nécessaires pour valider l’opération, lors de l’assemblée générale extraordinaire consacrée au rachat, qui a été repoussée au 7 juin.

Londres, 25 mai 2010 (AFP)