Les assureurs-crédit soutiennent les entreprises exportatrices

Le Gouvernement donne le coup d’envoi de « CAP export ». Ce nouveau dispositif de complément d’assurance-crédit vise à soutenir les exportateurs français dont les créances sur leurs clients étrangers ne peuvent pas être couvertes par les acteurs privés.

La saga continue ! Après CAP et CAP + voici CAP export. Cette fois, il ne s’agit plus de donner de l’oxygène aux entreprises opérant dans leur marché domestique mais de faciliter l’accès au crédit pour les sociétés exportatrices. Concrètement, le nouveau dispositif annoncé par François Fillon est une simple transposition des dispositions prévues dans le complément d’assurance-crédit public instauré en décembre 2008. Ainsi, le « CAP export » permet de doubler la garantie des assureurs-crédit en cas de réduction d’encours. Et, le « Cap+ Export », offre la possibilité aux entreprises de bénéficier de garanties pour des acheteurs n’étant plus couverts par les assureurs. La garantie, d’une durée de trois mois renouvelable, est commercialisée par les acteurs privés pour le compte de l’Etat qui assure l’intégralité de la couverture via la CCR.

Les assureurs-crédit saluent le lancement de CAP Export qui intervient selon eux au bon moment. Les experts d’Euler Hermes SFAC indiquent que « le niveau des exportations constituera un enjeu central de la reprise française en 2010 ». Or, le nombre d’entreprise française exportatrices (95 500 à fin 2008) est en recul de 12% depuis 2001. Si « CAP export » ne réglera pas tous les maux du commerce extérieur, il aura au moins pour mérite de soutenir les exportations. Pour Ludovic Sénécaut, membre du directoire d’Euler Hermes SFAC « l’extension du dispositif CAP à l’export correspond à une véritable attente des entreprises, qui sont conscientes des risques encourus à l’export dans cette conjoncture difficile et soucieuses de trouver des relais de croissance hors de France ».

Les critères d’éligibilité portent actuellement sur les assurés français réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 Md d’euros et dont la part française de production est au moins égale à 20%. Des discussions sont en cours à Bercy pour élargir le dispositif aux grandes entreprises qui se disent très intéressées par le complément d’assurance-crédit vis-à-vis de leurs créanciers étrangers. Les trois acteurs majeurs (Euler Hermes, Coface et Atradius) se préparent à délivrer prochainement les premières couvertures.

Romain Beausoleil / La Tribune de l’Assurance