Japon : la Poste déposera son dossier de cotation en Bourse le 30 juin

Le groupe postal Japan Post Holdings va déposer mardi prochain son dossier de cotation en Bourse pour la société mère et ses deux unités bancaire et d’assurance, a indiqué vendredi le patron de l’ex-géant public.

La demande sera effectuée le 30 juin“, a précisé Taizo Nishimuro lors d’une conférence de presse, selon des propos rapportés par les médias locaux.

L’introduction en Bourse pourrait être effective cet automne, comme envisagé.

Fin 2014, Japan Post avait annoncé son intention d’entrer en 2015 à la Bourse de Tokyo, après une décennie de péripéties entourant la privatisation de ce groupe postal et financier désormais divisé en quatre entités (une maison-mère, une entreprise de services postaux, une banque et une société d’assurance-vie).

La filiale postale, elle aussi détenue à 100% par Japan Post Holdings, ne sera pas mise sur le marché.

La cession d’actions du mastodonte va donc probablement intervenir dix ans après le vote de sa privatisation sous le gouvernement de droite de Junichiro Koizumi (2001-2006).

Le mégagroupe public était devenu en 2007 Japan Post Holdings, une société de droit privé avec plusieurs filiales, mais toujours détenue en intégralité par l’Etat.

Le projet prévoyait alors la mise en vente de l’ensemble des filiales bancaire et d’assurance-vie d’ici à 2017. Toutefois, l’arrivée au pouvoir du centre-gauche en 2009 a entraîné une révision des ambitions et laissé en suspens le plan.

Le retour du Parti Libéral Démocrate (PLD, droite) au gouvernement fin 2012 a permis de revenir au projet initial.

La mise en Bourse simultanée des trois entités est la meilleure façon de recevoir une appréciation correcte du marché“, avait expliqué M. Nishimuro en décembre 2014.

Nous ne pouvons pas retarder davantage ces introductions en Bourse“, avait-il ajouté, mettant en avant la gestion libre et indépendante des deux filiales concernées.

Le projet ne précisait pas la part initialement proposée aux investisseurs privés pour chacune des entités.

Le groupe voulait éviter de troubler les marchés et souhaitait négocier un droit d’exception auprès de la Bourse de Tokyo pour contourner la règle des 35% minimum du capital placé sur le marché.

Une entrée à 10% serait une hypothèse crédible, selon la presse.

M. Nishimuro a toutefois indiqué qu’il espérait “progressivement céder jusqu’à 50% des deux unités de banque et assurance“, lesquelles contrôlent l’essentiel des actifs du groupe. La capitalisation boursière de l’ensemble pourrait s’élever à plus de 7.000 milliards de yens (quelque 50 milliards d’euros), soit le même ordre de grandeur que celle de l’opérateur de téléphonie mobile NTT Docomo quand il est entré sur le marché en 1998.