Interview : « Le travail de remise en forme de Groupama est terminé », Thierry Martel, directeur général de Groupama

En marge de la présentation des résultats, Thierry Martel, directeur général de Groupama, est revenu sur l’année 2012 de l’assureur mutualiste,  en meilleure santé financière mais qui accuse encore des pertes.

Dans quelle situation Groupa- ma a-t-il bouclé l’année 2012 ?

L’année 2012 a été une année de remise de Groupama à son poids de forme. Après les difficultés que nous avons traversées en 2011, liées essentiellement au défaut de la Grèce, nous avons du procéder à un certain nombre d’ajustements du périmètre du groupe, de restructuration de nos actifs. Nous avons réussi l’ensemble de notre programme en un seul exercice, ce qui était difficile. Je considère aujourd’hui que ce travail est terminé. La restauration de notre marge de solvabilité en est le reflet. Elle était à 107 % fin 2011 et est à 179 % fin 2012, alors même que nous avons remboursé les 300M d’euros d’actions de préférences de la Caisse des dépôts et consignations.

Comment expliquez-vous que vous dépassiez l’objectif initial qui était de 120 % ?

Il y a eu un effet marché qui nous a donné des marges de manœuvre supplémentaires pour aller plus loin dans l’allègement de nos portefeuilles actions puisque, notamment, nous avions une position lourde sur la Société Générale que nous avons pu alléger.

2013 sera-t-elle encore une année de cessions  ?

2013 ne sera pas une année de cessions sauf si des opportunités ou des choix stratégiques le justifiaient. Nous sommes sur un périmètre stabilisé qui nous satisfait.

A l’instar d’autres acteurs, vous avez-eu une stratégie de forte décollecte en assurance- vie. Était-ce supportable ?

C’est quelque chose de supportable et que l’on assume. C’est un métier sur lequel nous voulons rester parce qu’il apporte un vrai service à nos clients. L’assurance- vie en euro fait incontestable- ment partie de l’offre d’épargne mais ne doit pas être la seule partie de l’offre. C’est la raison pour laquelle nous avons lever le pied sur les fonds en euros mais nous avons progresser sur les unités de compte et sur l’épargne bancaire.

En termes de sinistres et de dommages, l’année 2012 a-t-elle été compliquée  ?

Le ratio combiné est un peu décevant sur 2012. Il a été largement impacté par des phénomènes climatiques et par des arrêtés de catastrophes naturelles liés à la sécheresse de 2011 et qui n’ont été enregistrés qu’en 2012. Nous avons encore des marges de progrès sur cette rentabilité technique. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui nous privilégions la résiliation de certains risques quand ils sont déficitaires plutôt que le maintien du chiffre d’affaires à tout prix.

Vous annonciez l’an passé viser 400M d’euros d’économies d’ici à 2014. Où en êtes-vous  ?

Nous avons réalisé 180M d’euros d’économies. Nous continuons dans cette direction avec une maîtrise des coûts sans cesse améliorée sur l’année 2013, tout en préservant un juste équilibre entre la rentabilité et l’équilibre social.