Institutions : Eiopa se penche sur le cas des comparateurs d’assurance

Dans un « aperçu des tendances clefs de consommation », l’Eiopa, le régulateur européen du secteur de l’assurance, présente quelques points clefs pour les consommateurs d’assurance et s’intéresse tout particulièrement au cas des sites de comparaison.

L’Eiopa a pour mission d’identifier des tendances de consommations d’assurance. L’autorité relève ainsi « l’utilisation croissante des sites internet de comparaison par les consommateurs ». Si le phénomène de la comparaison d’assurances sur Internet est largement répandu en Europe, l’Eiopa note qu’il existe « de grandes différences entre les types de sites de comparaison sur le marché européen de l’assurance ». « Aux côtés des sites commerciaux de comparaison, il y a une large variété de sites non commerciaux qui sont développés et/ou utilisés par des associations de consommateurs, des superviseurs financiers, des indépendants ou des associations professionnelles ».

L’institution se montre particulièrement critique et vigilante sur le cas des comparateurs. « Des inconvénients importants ont été identifiés » pour l’Eiopa qui pointe l’attirance du client pour le prix des produits « plutôt que la compréhension des termes et conditions sous-jacents ». Si cet argument prix mis en avant semble déplaire, ce n’est rien comparé au manque d’informations et aux relations entre assureurs et comparateurs. « Dans quelques Etats membres, des informations trompeuses peuvent être fournies aux consommateurs en raison de conflits d’intérêts résultant de liens commerciaux étroits entre assureurs et sites de comparaison » explique la note de l’Eiopa.

Promiscuité

En France ou en Angleterre, la majorité des plus importants sites commerciaux de comparaison appartiennent tout ou partie à un assureur. Cette promiscuité semble gêner le régulateur européen. D’ailleurs, celui-ci s’est également penché sur les sites en question, et relève que «les sites commerciaux de comparaison peuvent ne pas être adaptés à certains types de produits comme l’assurance-vie » pointant particulièrement le besoin d’information et la « courte liste des questions typiques sur ces sites ».

Dans le cadre de cet « aperçu » le régulateur européen révèle avoir « certaines preuves que les sites commerciaux de comparaison ignorent souvent qu’ils tombent sous le coup des règles européennes comme la directive sur l’intermédiation en assurance et pourraient avoir des difficultés à s’adapter aux demandes de régulation ». En France, les comparateurs doivent être enregistrés à l’Orias.

Comparateurs, outils de communication et de distribution

L’Eiopa rappelle sa mission de « collecter, analyser et rapporter les tendances des consommateurs » et note également que les comparateurs ont «acquis une importance » ces dernières années. Les consommateurs les utilisent pour s’informer et ils sont devenus des outils de communication et « un canal de distribution ». « Ils ont aidé à stimuler la compétition entre les assureurs et les intermédiaires » ajoute l’Eiopa.

Après ce premier travail, l’Eiopa va enquêter et approfondir ses recherches sur les différents sujets de l’aperçu avec l’aide d’autres instances de régulation et de supervision. Avec les comparateurs, la note évoque en effet la transparence en assurance-vie ainsi que sur les assurances paiement comme dans le cas de prêts.