Generali : Un journal italien appelle Antoine Bernheim à la générosité

Le quotidien italien Corriere della Sera a adressé vendredi à l’ex-président de l’assureur Generali, Antoine Bernheim, une lettre en français teintée d’ironie pour l’appeler à verser une partie de sa retraite à des œuvres de bienfaisance.

“Monsieur le président, c’est en français que nous avons choisi de nous adresser à vous. En effet, malgré quarante ans de contacts rapprochés avec l’Italie suite à votre passage chez Mediobanca et Generali, c’est dans votre langue maternelle (…) que vous avez toujours préféré vous exprimer lors des occasions officielles”, est-il écrit dans cette lettre, dont le début figure en Une du quotidien qui est le plus gros tirage de la Péninsule.

“Sur la base d’un précédent accord, on vous a donc reconnu une allocation viagère de 1,5 million d’euro par an” et “certains bénéfices (…) mais sans doute s’agit-il de quelques rumeurs malicieuses de la presse”, poursuit cette lettre.

Le montant de la retraite de M. Bernheim, dont a parlé la presse, n’a jamais été officialisé par Generali. “Nous sommes d’ailleurs persuadés qu’après avoir critiqué les fastes de Mediobanca sous la présidence d’Enrico Cuccia, c’est avec forte réticence que vous avez accepté cette rente”, ironise le journal.

“Voilà pourquoi nous sommes également convaincus qu’après avoir été le bénéficiaire de rétributions et de bonus que certains évaluent à au moins 32,7 millions d’euros (…), vous saurez écouter le conseil suivant: faites don d’une partie de cette somme à une association caritative ou bien à une fondation”, demande le Corriere.

“Vous n’en voulez pas d’italienne ? Et bien choisissez-en une française à condition qu’elle soit présente dans notre pays. Ce serait la meilleure façon de démontrer ce que vous avez toujours affirmé (en français) à plusieurs reprises: +lorsque je suis à Trieste, je me sens italien+”, souligne le journal.

“Cher Président, le moment est venu de le dire dans notre langue commune: l’euro”, conclut le Corriere. Antoine Bernheim, âgé de 85 ans, a été remplacé fin avril par Cesare Geronzi. Président de Generali de 1995 à 1999 et de 2002 à 2010, il avait dénoncé son éviction par Mediobanca, premier actionnaire de la compagnie.

MILAN (Italie), 2 juil 2010 (AFP)