Dépendance : Sarkozy justifie le report de la réforme par l’absence de budget « crédible »

Nicolas Sarkozy a justifié mercredi l’abandon de la réforme sur la dépendance, dont il avait fait sa dernière priorité, par la nécessité de ne pas la payer en “créant de la dette” mais a promis de l’engager sitôt trouvé un financement “crédible”.

“Traiter ce dossier de façon exhaustive dans le contexte actuel n’aurait pas été responsable, tout simplement parce qu’on ne peut pas traiter la dépendance simplement en créant de la dette et donc en reportant son financement sur les générations futures”, a déclaré M. Sarkozy lors d’un discours pour le 4e anniversaire du lancement du plan Alzheimer 2008-2012.

“Je suis toujours déterminé à mettre en oeuvre cette réforme mais, je vous le dis franchement, je me dois aussi de tenir compte également de contraintes financières extrêmement difficiles”, a-t-il assuré.

“Sur mon bureau, je n’ai pas à arbitrer entre des dépenses nécessaires et des dépenses non nécessaires, ce serait trop facile”, a souligné le chef de l’Etat, “je n’ai à arbitrer qu’entre des dépenses nécessaires et des dépenses très nécessaires (…), donc j’assume tout à fait la décision que j’ai prise de décaler la réforme de la dépendance”. “Je ferai cette réforme quand j’aurai les moyens de la financer de façon crédible et non pas pour créer un gouffre”, a-t-il insisté.

Roselyne Bachelot avait annoncé il y a un mois le report de la réforme promise par Nicolas Sarkozy pour cause de contexte économique difficile. Les pouvoirs publics dépensent aujourd’hui quelque 25 milliards d’euros par an pour les personnes âgées dépendantes. Avec le vieillissement de la population, 10 milliards de plus par an seront nécessaire en 2040.

Nicolas Sarkozy s’est par ailleurs réjoui mercredi du succès du plan Alzheimer lancé en février 2008, d’un montant de 1,6 milliard d’euros jusqu’en 2012, estimant qu’il était devenu un “modèle” pour d’autres pays.

Il a également souhaité que cet effort soit poursuivi par le prochain président, quel qu’il soit. “Tout ce qu’on fait n’a de chance d’aboutir que si on l’inscrit dans la durée”, a-t-il estimé, “l’Alzheimer ne doit pas appartenir à un débat droite-gauche”.

 PARIS, 1 fév 2012 (AFP)