Courtage : Un secteur inquiet de son avenir

10.000 personnes, selon les organisateurs, auraient participé à la première journée des Journées du courtage qui se tiennent au Palais des Congrès à Paris. Entre effervescence et crise de l’euro, le secteur veut donner bonne figure. Ambiance.

En conférence plénière, Jacques Richier, PDG d’Allianz France, parle de l’avenir et du maintien de l’euro sur 17 pays et des mesures qui permettent de réguler les marchés. « Nous sommes sur le chemin de la V2 de l’Union européenne. L’interdépendance crée de facto une solidarité. L’éclatement de la zone existait dans certaines prévisions, on s’en est sorti. »

Positif ? Pas si sûr. Au même moment, dans les allées du Palais des Congrès, impossible de parler de décodification. Le terme dérange et l’on préfère parler de « petits » courtiers qui se tournent vers des grossistes plutôt qu’une baisse du nombre de codes ouverts.

On devine en traversant le salon que l’humeur n’est pas au beau fixe, mis à part chez cet assureur qui n’a pas souhaité voir publier le nom de sa compagnie, où l’on se trouve à contrecourant de la situation actuelle : « Je peux me permettre pour l’instant d’ouvrir un code à chaque fois qu’un courtier fait affaire avec moi, et j’en ouvre tous les jours ». Réaliste. « Il y a un moment où je ne pourrai plus le faire et je me tournerai vers un grossiste ». Impossible, donc, de parler de ce sujet qui dérange le secteur aux encolures, et encore moins face caméra.

Adaptation et innovation

Anne Charon, CEO chez Zurich France préfère parler de la crise et ses conséquences, la « réduction de la masse assurable » et la « réduction des budgets d’assurance » et rappelle que le secteur doit s’adapter, « se tourner vers l’innovation », lors de cette même conférence plénière.

Pourtant, le salon fait le plein; Alexandra Gavarone, directrice du développement chez Beazley préfère se fier à ses propres chiffres. Les exposants sont équipés d’un appareil leur permettant de « biper » des badges des visiteurs, de quoi mesurer leur popularité sur le salon ? « J’ai reçu 200 visiteurs jusqu’ici », confie-t-elle en début d’après-midi. « Bien entendu, ce doit être différent des structures plus importantes, mais cela me permet d’avoir une idée… ».

De retour à la conférence plénière, Bruno Chamoin, PDG d’Albingia, rappelle que l’assureur subit aussi un déficit d’image : « En Allemagne, un assureur est un accompagnateur, quelqu’un d’indispensable. Il faut restaurer cette image de l’assureur en France ». Et Jacques Richier d’enchérir : « Il faut rappeler à tout le monde que l’assurance n’a pas été un acteur de la crise ».

Demain, il sera question des besoins des courtiers en vis-à-vis des offres des assureurs dans une conférence plénière, peut-être de quoi parler de manière plus positive de l’avenir du secteur.