Chronique : Profil de risque « intermédiaire » pour l’assurance vie aux Pays-Bas

Standard & Poor’s considère que le profil de risque des assureurs opérant sur le marché de l’assurance vie néerlandais peut être qualifié d’ « intermédiaire », soit le troisième meilleur score sur une échelle de six. Cette opinion se fonde sur un niveau de risque pays très faible, illustré par la note souveraine « AAA » et sur un niveau de risque sectoriel modéré à l’image de celui d’autres marchés de l’assurance vie en Europe comme la Belgique, l’Allemagne ou l’Espagne.

L’appréciation du risque pays intègre la relance observée de l’activité économique aux Pays-Bas, celle-ci provenant d’un renforcement de la demande domestique grâce à une amélioration du revenu disponible, de la baisse du taux de chômage et du redémarrage des investissements. Cette tendance favorable bénéficie au marché de l’immobilier qui lui-même renforce le bénéfice qu’en tire les assureurs vie qui réalisent une partie de leur encaissement en lien avec l’activité immobilière, notamment en tant que fournisseurs de prêts à l’habitat. En dépit des hausses de taxes ayant frappé le secteur de l’assurance au cours de ces dernières années, nous n’anticipons pas d’évolution majeure en la matière dans un proche avenir.

Pourtant, nous considérons que le niveau actuel très bas des taux d’intérêts constitue un défi pour l’ensemble du secteur dans la mesure où les assureurs vie ont depuis longtemps vendu des produits assortis de taux de rendement minimum garantis. Si cet environnement devait perdurer, cela aurait des conséquences négatives tant pour la rentabilité que pour la solvabilité des assureurs vie. Afin de s’en prémunir, les assureurs néerlandais ont mis en place des plans de réduction de coûts mais leurs effets bénéfiques ne pourront être observés que dans le moyen terme. Ceux-ci sont rendus d’autant plus nécessaires que le volume d’activité est structurellement orienté à la baisse depuis la crise financière. Ainsi les primes souscrites en 2014 étaient inférieures d’environ un tiers par rapport à 2007.

De plus le marché a souffert dans un passé récent de mauvaises pratiques ayant impacté la vente de contrats en unités de compte ainsi que de la nécessité pour certains acteurs de renforcer leurs réserves en raison du vieillissement de la population. A l’inverse, la limitation des commissions versées aux intermédiaires d’assurance devrait permettre aux assureurs néerlandais de voir se réduire la volatilité de leur base de clientèle.

De manière générale, nous considérons le marché néerlandais de l’assurance vie comme un marché mature, compétitif sur lequel il est difficile de réaliser un niveau de rentabilité élevé.

Marc-Philippe Juilliard, Directeur du secteur assurance chez Standard & Poor’s Ratings Services