Chronique : Les risques “secteur” et “pays” considérés comme faibles

Dans le cadre de sa chronique mensuelle, l’agence de notation Standard & Poor’s revient sur les notations du secteur de l’assurance en fonction de la note souveraine du pays, en l’occurrence la France.

Selon l’évaluation de Standard & Poor’s Ratings Services, le secteur de l’assurance de biens et de responsabilités en France présente un “faible risque” pays/secteur (ou “IICRA” : Insurance Industry and Country Risk Assessment). Cette évaluation combine notre opinion selon laquelle le risque pays est “faible” et le risque sectoriel “intermédiaire”.

L’évaluation du marché Français est la même que celle du marché allemand ou du marché autrichien par exemple. Elle se situe en bonne position sur une échelle de risque à six niveaux : de “1- risque très faible” à “6- Risque très élevé”. Nous publions par ailleurs régulièrement la liste de nos évaluations IICRA des secteurs assurance dans le monde. A ce jour, nous évaluons l’IICRA pour une centaine de secteurs assurance dans cinquante-trois pays.

Notre évaluation du risque pays à “risque faible” tient notamment compte de notre point de vue sur les risques économique, politique et du système financier en France, que nous considérons favorables à la croissance et à la stabilité du secteur assurance. Notre évaluation du risque sectoriel à “risque intermédiaire” intègre notamment notre opinion “neutre” sur le risque produit, la rentabilité et la croissance, et positive sur les barrières à l’entrée.

Sur la rentabilité du secteur, notre opinion “neutre” résulte de notre anticipation que le niveau généralement limité des résultats de souscription dans le secteur est contrebalancé par leur relative stabilité. Par exemple, cette stabilité peut se voir en comparaison à d’autres secteurs d’assurance en Europe, comme la Grande Bretagne ou la Belgique. La capacité du marché à contenir la hausse des ratios combinés malgré une concurrence très forte soutient notre opinion. Dans l’ensemble, la stabilité des coûts et des politiques de provisionnements de sinistres plutôt conservatrices soutiennent aussi notre opinion sur le secteur.

Le ratio combiné moyen a atteint 101% en moyenne au cours des cinq années de 2009 à 2013. Cette moyenne inclut également la sinistralité catastrophe naturelle, relativement élevée enregistrée en 2009 et 2010 (ratios combinés respectivement de 104.5% et 103.4%). La profitabilité agrégée du secteur est impactée à la baisse essentiellement par les risques de particulier, comme l’automobile et l’habitation. La concurrence très forte sur ces lignes de business continuera vraisemblablement à peser sur les résultats de souscription. Ceci nous amène à anticiper une hausse modérée du ratio combiné moyen du secteur pendant les années 2014 à 2016, dans une fourchette de 100% à 103%, en l’absence de catastrophe naturelle majeure.

Merryleas Rousseau
Directrice déléguée
Standard and Poor’s Rating services