Cat’Nat’ : Des pertes estimées à 520Mds de $ par an (Banque Mondiale)

Selon un rapport de la Banque Mondiale, les pertes engendrées par les catastrophes naturelles dans le monde se monterait à 520Mds de dollars. Un chiffre supérieur de 60% à celui avancé par l’ONU à l’occasion de la Cop 22 à Marrakech.

La Banque Mondiale dévoile un chiffre choc tiré de son rapport baptisé « Unbreakable: Building the Resilience of the Poor in the Face of Natural Disasters ». Ce dernier révèle que les phénomènes climatiques engendreraient quelque 520Mds de dollars de perte chaque année. Cette estimation, nettement plus élevée que celle des Nations Unies, prend en compte l’impact des catastrophes naturelles sur la pauvreté.

Toujours selon la Banque Mondiale, 26 millions de personnes sont plongées dans la pauvreté chaque année en raison des forces de la nature. Elle explique par exemple que les taux de chômage et de pauvreté au Bangladesh se sont envolés respectivement de 49% et 22% après le passage du cyclone Aila en 2010.

« En parlant d’argent, on n’évoque en fait que les pertes subies par les personnes qui avaient quelque chose à perdre, donc les plus nanties. C’est ignorer totalement l’impact dévastateur sur les populations pauvres, dont les souffrances sont, en proportion, bien plus cruelles que dans les milieux aisés », indique Jim Yonk Kim, président de la Banque Mondiale.

Améliorer l’accès aux polices d’assurance

Pour appuyer son propos, elle décrit par exemple la situation des inondations survenues à Mumbai en 2005. « Les pertes subies par les pauvres ont été 60 % supérieures à celles de leurs voisins plus aisés », précise le rapport.

Fort de ce constat, la Banque Mondiale préconise une intervention des gouvernements pour faciliter la résilience des personnes les plus fragiles. Systèmes d’alerte précoce, amélioration de l’accès au police d’assurance, dispositif de protection sociale, sont quelques-unes des pistes évoquées par le rapport.

La mise en place des ces outils permettraient de réduire la facture de 100Mds de dollars et de baisser de 20% l’impact des catastrophes sur les populations. Ainsi, « le mois dernier, grâce à un programme novateur d’assurance, Haïti, la Barbade, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les Grenadines ont reçu 29 millions de dollars en soutien aux efforts de reconstruction après le passage de l’ouragan Matthew », conclut le rapport.