Assurance-vie : Louis Gallois ne croit pas en l’euro-croissance

Le commissaire général à l’investissement Louis Gallois a critiqué vendredi le nouveau contrat d’assurance-vie “euro-croissance” censé rediriger l’épargne vers les entreprises, en estimant qu’il n’allait pas assez loin.

Ce contrat “ne connaîtra pas le développement espéré”, a redouté M. Galloisvlors des Entretiens du Trésor, colloque financier organisé à Bercy.vIl dit avoir “regretté” que ces contrats, censés conjuguer la rentabilitévdes placements en actions et la sécurité des placements en euros, n’aient pas été poussés plus loin.

Selon M. Gallois en effet, en France particulièrement, où “l’aversion au risque” est grande chez les épargnants, “s’il n’y a pas un avantage fiscal pour les placements à risque”, il sera difficile de diriger l’épargne vers les entreprises.

Le contrat “euro-croissance” est présenté comme un “troisième pilier” de l’assurance-vie, qui, à la différence des contrats dits en unités de comptes (c’est-à-dire placés sous forme d’actions, d’obligations…) offrira un capital garanti à l’épargnant au bout de huit ans.

Il proposera en outre des rendements supérieurs à ceux des contrats en euros, dont le capital est garanti à tout moment. Mais il ne présente pas d’avantage fiscal spécifique. L’assurance-vie, qui représente 40% du patrimoine financier brut des Français, pèse plus de 1.400Mds d’euros.

Fiscalité favorable ?

Lors du même colloque, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer s’est lui dit “assez optimiste” pour ce nouveau placement, mais a également appelé à mener “une vraie réflexion” sur la fiscalité de l’épargne en France.

M. Noyer s’est dit “un peu désolé de l’évolution des dernières années” et de la “tendance (en France) à considérer que les dépôts à vue doivent bénéficier de la fiscalité la plus favorable” tandis que les placements dans des entreprises, plus risqués, ont eux “une fiscalité plus dure”.

Toujours dans le souci de mieux financer les entreprises, M. Gallois s’est inquiété du durcissement de la réglementation du secteur financier, qui selon lui aboutit à “demander à nos banques et nos assurances de courir le 100 mètres avec des brodequins aux pieds.”

“C’est un problème européen et non pas français, que l’épargne n’aille pas suffisamment aux entreprises”, a-t-il dit, car le marché des capitaux européens n’est selon lui “pas assez profond.” Cela fait craindre à M. Gallois que les Européens ne se retrouvent “dépendants du marché américain” pour financer les entreprises.