Assurance maladie : Urgence financière mais aussi soignante selon le Haut conseil

Si la « situation est grave », l’avenir de l’assurance maladie n’est pas seulement un problème de déficit financier mais aussi d’une bonne organisation du système de santé, a estimé mercredi le président du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (Hcaam).

« Il faut bien voir qu’il y a deux urgences, une urgence financière et une urgence soignante », a déclaré Denis Piveteau, conseiller d’Etat et président du Hcaam, qui regroupe la plupart des représentants des principaux acteurs de l’assurance maladie et de la santé.

L’analyse des membres du Hcaam, figurant dans des rapports réguliers, dont le dernier a été publié fin mars, est « que la situation est grave mais qu’il ne faut pas se tromper d’urgence », a expliqué M. Piveteau, lors d’une réunion publique organisée par le site de Décision Santé.

Au sujet de l’urgence financière, M. Piveteau a distingué le « déficit à un moment donné » de l’assurance maladie, qui doit s’établir à 6 milliards d’euros à la fin 2012 (3% des dépenses), en nette baisse depuis deux ans, mais qui peut repartir à la hausse, et « la dynamique interne, la façon dont le moteur profond du système de santé est aujourd’hui créateur d’une dépense que la richesse nationale n’arrive plus à suivre ».

Selon le Hcaam, le défi est aussi du côté de l’évolution du système de santé sur lequel pèsent de plus en plus les malades chroniques. « Vous avez trois maladies chroniques en moyenne à 60 ans et six à 80 ans », a souligné M. Piveteau.

« Derrière les enjeux de déséquilibres purement financiers, il y a l’enjeu de prise en charge de bonne qualité de la montée des malades chroniques et poly-pathologiques qui sont à l’origine de la croissance » des dépenses de santé et donc de l’assurance maladie, a expliqué M. Piveteau.

PARIS, 16 mai 2012 (AFP)