Assurance maladie : La solution au déficit est dans l’organisation des soins

La meilleure solution aux déficits récurrents de l’assurance maladie se trouve dans une amélioration de l’organisation des soins, en particulier pour les personnes âgées, selon le rapport annuel du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), publié mercredi.

Le déficit de la branche maladie du régime général (salariés du privé) a atteint 10,6 milliards d’euros en 2009 et pourrait atteindre 11,5 mds en 2011, selon les dernières prévisions. C’est la branche la plus lourdement déficitaire au sein de la Sécurité sociale.

Alors que le Premier ministre, François Fillon, a promis de s’attaquer au problème dans le cadre d’une grande concertation sur la protection sociale, le rapport du HCAAM refuse de voir dans l’augmentation des recettes et un recours répété aux baisses de remboursements des leviers susceptibles de remédier dans la durée au déficit structurel. “Une action qui ne se concentre que sur les recettes” ne règle pas le problème des dépenses de soins qui augmentent plus vite que la richesse nationale, “sauf à devoir être réitérée perpétuellement”.

Quant aux baisses de remboursement, le HCAAM note que depuis 2005 “ce sont de 2 à 2,2 mds d’euros de mesures qui sont présentées chaque année” et il estime qu’elles “ne peuvent en aucune façon représenter un instrument du comblement global et durable du déficit”. “Il faut penser d’autres organisations du système de soins”, estime le Haut Conseil, qui cite parmi les principaux gisements d’économie “un juste recours à l’hôpital”, souvent indûment sollicité là où la médecine de ville devrait l’être, et des parcours de soins plus rationnels pour les malades chroniques.

“Le meilleur exemple en est donné par l’amélioration possible des parcours de prise en charge des personnes très âgées, poly-pathologiques et fragiles”, note le HCAAM, qui estime que les institutions et les professionnels de santé devraient mieux se coordonner dans leur prise en charge.

Pour mener à bien ce chantier, la réforme de la prise en charge de la dépendance, prévue pour 2011, “est susceptible de constituer un puissant levier d’efficience de la dépense d’assurance maladie”, juge le HCAAM.

Créé en 2003, cet organisme est composé d’une soixantaine de membres (syndicats, professionnels de santé, représentants de l’Etat et de l’assurance maladie) et doit remettre chaque année un rapport sur la situation de l’assurance maladie.

Paris, 2 décembre 2010 (AFP)