Assurance auto/habitation : Les tarifs de la Matmut orientés à la hausse

    Daniel Havis, PDG du groupe Matmut, revient, à l’occasion d’une interview pour News Assurances Pro, sur les orientations tarifaires de la mutuelle d’assurance et annonce une hausse, en auto comme en habitation. Cette interview a été diffusée dans l’hebdomadaire News Assurances PRO n°82 du 10 octobre.

    Que représente l’ouver­ture d’un centre de santé pour la Matmut ?
    Daniel Havis : Pour Matmut Mutualité, c’est une nouvelle aventure qui com­mence, un nouveau challenge qui est tout a fait dans l’esprit des fondateurs de la Matmut. La Matmut s’est appuyée dès le départ, et la personnalité de Paul Bennetot en est le garant, sur nos services de soins ambulatoires mutualistes qui concourent à l’offre mutua­liste mais également à essayer d’apporter la démonstration qu’il existe d’autres formes possibles de distribution des soins. C’est leur vocation pro­fonde, de démontrer ce qui est faisable, c’est la méthode expérimentale appliquée à la santé. Nous essayons d’être des démonstrateurs actifs de nos thèses.

    En termes d’équilibre et de budget, quelle approche avez-vous ?
    Si nous n’arrivons pas à une pertinence économique, nous ne démontrons pas la validité de nos thèses, nous passons à côté et nous rendons un ser­vice social. Ce n’est pas notre mission, c’est celle du service public. Notre mission est d’être en capacité de démontrer la véracité de nos thèses. Il faut absolument arriver à un équi­libre économique, c’est néces­saire. Ce qui n’empêche pas d’avoir l’oeil rivé sur l‘accès aux soins du plus grand nombre.

    L’exigence d’équilibre situe-t-elle à court ou moyen terme ?
    Il faut laisser le démarrage de l’activité produire ses effets. On ne peut pas exiger un équilibre économique trop rapide.

    Bilan mitigé pour l’année 2013

    Quel bilan tirez-vous des premiers mois d’activité en 2013 ?
    Le bilan est mitigé, je ne suis pas aussi optimiste que cer­tains de mes collègues. Le marché de l’assurance de par­ticulier est plutôt atone, notam­ment le marché de l’assurance automobile qui a beaucoup de mal à redémarrer, qui s’explique par de nombreuses raisons. La sinistralité, au niveau ducorporel se tient bien, mais au niveau du matériel, les sinistres grêles de cet été ne nous ont pas épargnés. C’est une année correcte mais sans plus, il n’y a pas de miracle. Pour l’ins­tant, le meilleur élément de satisfaction que nous avons est plutôt du côté des perfor­mances financières.

    Dans ce contexte, quelle sera votre politique tarifaire ?
    Il y a des éléments qui ne sont pas très optimistes. Nous avons une diminution du nombre de sinistres mais également de la matière assurable. En fréquence pure, il n’y a pas de grandes améliorations.De plus, si un assureur auto n’aug­mente pas ses tarifs, ceux-ci baissent par les mécanismes automatiques de creusement. A la Matmut, si on prend en compte l’ensemble des dis­positifs, qu’il s’agisse du bonus-malus légal, l’effet de vieillissement du parc avec les -5 % et -10 %, plus le bonus Matmut, c’est de l’ordre de 1,6 à 1,7 % de creusement. Il n’est pas imaginable de ne pas le compenser. Donc nos tarifs seront orientés à la hausse, peut-être en baisse dans cer­taines zones, mais nous serons en moyenne haussier en auto, et peut-être en habitation aussi.