Angleterre / Entreprises : Le marché de l’assurance e-réputation en pleine explosion

Si la e-réputation des entreprises n’est qu’une problématique émergente pour les compagnies d’assurance en France, elle est en train d’exploser en Angleterre. De plus en plus de sociétés veulent se prémunir des risques d’atteinte à leur réputation notamment sur les réseaux sociaux et les assureurs s’engouffrent sur un nouveau marché aux perspectives juteuses.

Protéger son « e-réputation » (entendez « son image ou sa réputation sur internet ») est une notion encore émergente en France. Outre les quelques sociétés privées spécialisées dans le nettoyage de données sur le web, encore peu d’assureurs proposent des couvertures adaptées aux risques d’atteinte à l’image des entreprises sur la toile. Le courtier Gras Savoye fait figure de pionnier dans l’hexagone avec une offre créée en 2009 pour les entreprises et la semaine dernière c’est Axa qui lançait son guide sur le « bon sens numérique ». Bref, ce sont plutôt des garanties destinées aux particuliers que l’on voit naître en ce moment en dans le pays (voir notre article sur l’assurance e-réputation lancée il y a quelques mois par Swiss Life).

Pourtant, une fois de l’autre côté de la Manche, le constat n’est plus le même. Depuis peu, l’Angleterre voit le marché de l’assurance e-réputation pour les entreprises exploser. La poussée des réseaux sociaux et les risques d’atteintes à l’image qui en découlent ont ouvert la voix à de nombreuses compagnies et courtiers qui s’engouffrent dans un segment aux perspectives mirobolantes. Ainsi, Aon, Willis ou dernièrement Chartis ont lancé tout azimut des produits d’assurance et des services de gestion des risques pour aider les entreprises à garder leur réputation intacte.

Un filon inexploré qui vaut de l’or

Selon le Reputation Institute de Londres, interrogé par le site d’informations Insurance Journal, ces nouvelles polices d’assurance ne sont que les prémices d’un marché amené à se développer à « vitesse grand V », tellement le segment est vaste, méconnu et quasi-inexploré. En face, les demandes des entreprises sont si nombreuses qu’on imagine aisément le potentiel marchand d’un tel risque. D’ailleurs, l’organisation spécialisée dans l’analyse et le management de la réputation en entreprise a même été approchée récemment par un grand assureur Londonien afin de participer à l’élaboration d’un produit d’assurance sur ce thème.

Car ne nous y trompons pas, les préjudices financiers après une atteinte à la réputation peuvent être extrêmement élevés, notamment pour les grandes multinationales. Ainsi, certaines entreprise sont prêtes à y mettre le prix pour éviter les menaces, les attaques et leurs impacts sur le web. Ainsi, on apprend que Chartis et son offre Reputation Guard s’adresse certes à toutes les sociétés, mais particulièrement aux enseignes dont le chiffre d’affaires oscille entre 500.000 et 2M de dollars.

Enfin, si l’assurance e-reputation décolle en Angleterre, c’est qu’elle met parfois en place de véritable cellules de crise pour rassurer patrons et investisseurs soucieux de garder le contrôle face à des Facebook ou des Twitter où tout s’emballe très vite. La preuve en est, le dernier rapport sur l’indice des risques en entreprises effectué par le Lloyd’s (auprès de 500 patrons de grandes sociétés à travers le monde) révèle une préoccupation grandissante au sujet du risque de réputation. Classé en 9e place des grands événements auxquels font face les chefs d’entreprises en 2009, le risque d’atteinte à l’image sur internet passe en 2011 à la troisième place.