Affaire Médiator : L’enquête élargie à l’escroquerie à l’Assurance maladie et aux mutuelles

L’enquête sur l’affaire du Mediator, le médicament des laboratoires Servier, a été élargie par le parquet de Paris à l’escroquerie au préjudice des caisses de Sécurité sociale et des mutuelles, a indiqué vendredi une source judiciaire, confirmant une information du Figaro.

Cette décision élargit le champ des investigations menées par les trois juges parisiens qui instruisent deux informations judiciaires ouvertes pour “tromperie aggravée” et “homicides et blessures involontaires”.

“Le parquet de Paris a pris dans le dossier du Mediator un réquisitoire supplétif qui vise l’escroquerie au préjudice de l’Assurance maladie et des mutuelles”, a-t-on indiqué de source judiciaire.

L’Assurance maladie et la Mutualité française avaient déposé plainte en février contre les laboratoires Servier pour “escroquerie et tromperie aggravée”. Mais le parquet n’avait initialement pas retenu le premier qualificatif.

“Du fait de l’évolution du dossier, le parquet a considéré que les conditions de la mise sur le marché du Médiator étaient constitutives d’escroquerie au préjudice des caisses”, a-t-on indiqué vendredi. “L’escroquerie consiste à avoir maintenu le Médiator sur le marché alors qu’il était un anorexigène”, a-t-on ajouté.

Le médicament a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients. Cet antidiabétique, largement prescrit comme coupe-faim, a causé 500 à 2.000 décès, selon plusieurs études. Cinq millions de malades l’ont utilisé.

Avec AFP