Actionnaires : Fronde contre la rémunération des dirigeants d’Aviva

Les actionnaires de l’assureur britannique Aviva ont rejeté jeudi le rapport sur les rémunérations des dirigeants du groupe lors de l’assemblée générale, dernier épisode en date de l’exaspération des investisseurs face aux salaires des patrons du secteur financier.

La résolution portant sur l’approbation du rapport sur les rémunérations a été rejetée par plus de 54% des votes exprimés, selon un bilan des votes publié par Aviva.

Le vote est seulement consultatif mais risque de plonger le groupe dans l’embarras, une telle expression de défiance des actionnaires constituant un phénomène assez rare.

Le président du conseil d’administration, Lord Sharman, avait auparavant présenté ses « excuses » lors de l’assemblée générale. « Nous reconnaissons qu’un certain nombre d’actionnaires ont eu le sentiment que nous n’avons pas reflété leur opinion », a-t-il dit dans son discours.

Pour tenter de désamorcer la colère des actionnaires, la direction avait pourtant annoncé des concessions quelques jours avant une assemblée générale qui s’annonçait houleuse.

Le directeur général Andrew Moss avait ainsi renoncé à l’augmentation de salaire annuelle qui lui avait été accordée à partir d’avril. Il devait initialement bénéficier d’une hausse de 4,8%, ce qui aurait porté son salaire de base à un peu plus d’un million de livres (1,2M d’euros).

Le groupe a aussi accepté de revoir les gratifications qui sont habituellement versées aux nouveaux dirigeants lors de leur recrutement.

Le conseil d’administration a cependant refusé d’aller plus loin, estimant que les hautes rémunérations étaient globalement « appropriées » dans l’entreprise.

Cette annonce intervient alors que les actionnaires de plusieurs grands groupes financiers viennent de faire entendre leur voix pour s’opposer aux mode de rémunération des dirigeants et réclamer plus de dividendes.

Lors de l’assemblée générale de la banque britannique Barclays, près d’un tiers des actionnaires a refusé de voter le rapport sur les rémunérations qui leur était soumis. Ceux de la banque américaine Citigroup ont même été une majorité dans ce cas.

LONDRES, 3 mai 2012 (AFP)