Tendance : Les tensions persistent dans le secteur de la réassurance

Le premier grand événement de la réassurance, les Rendez-vous de Septembre, se tiennent à Monte Carlo cette semaine sur fond de tensions macro-économiques et de surcapacité pour les réassureurs. Dans ce contexte, les prix devraient rester stables, voire en baisse. Etat des lieux.

A quatre mois des renouvellements de janvier, le secteur de la réassurance se montre relativement prudent sur son avenir, et ce pour plusieurs raisons.

L’une des premières vient de la faiblesse des taux d’intérêts, déjà sujet de nombreuses interventions l’an passé. Peut-être plus encore que les assureurs, les réassureurs sont tributaires de l’environnement de taux bas qui pèse lourdement sur leur rentabilité et la remontée entraperçue en juin est soumise à l’interventionnisme des pouvoirs publics.

Pourtant, le secteur a affiché de très bons résultats en fin de premier semestre. Au 30 juin, les réassureurs affichent un niveau de fonds propres de 510Mds de dollars, selon le courtier Aon Benfield. Malgré les inondations en Europe Centrale et au Canada et les quelques ouragans qui ont balayé l’Amérique du Nord qui ont représenté 17Mds de dollars de pertes assurées au premier semestre selon Swiss Re. Face à 510Mds de capitaux propres, cela ne pèse pas bien lourd au moment de renégocier les traités de réassurance.

Pour beaucoup d’observateurs, à commencer par Fitch Ratings, Standard and Poor’s ou Moody’s, le secteur ne pourra pas compenser le ralentissement de la rentabilité des fonds propres par une hausse des tarifs. Ceux-ci sont attendus au mieux stables, dans d’autres cas en baisse. Or, l’espoir de taux en hausse étant tenu aux politiques des banques centrales, c’est bien sur les résultats techniques que la différence devra se faire pour les réassureurs.

Tarifs stables, voire en baisse

Jusqu’à présent, les marchés se compensaient les uns les autres, particulièrement en réassurance de biens et responsabilités (P&C). Les possibles baisses des prix sur le marché nord américain pourrait ainsi déstabiliser les réassureurs mondiaux, plutôt habitués à une rentabilité sur ce secteur quand le même risque est tarifé au plus juste dans d’autres zones géographiques, et particulièrement en Europe. Reste à la réassurance de convaincre les cédantes de profiter des effets positifs du mécanisme en termes de protection de fonds propres.

Cette option set d’autant plus attendues des réassureurs que les assureurs souffrent du même problème de rendements sur leurs fonds.Une aubaine pour les réassureurs qui sauront équiper des clients devenus exigeants sur les programmes. En attendant la mise en place de ce mécanisme, les renouvellements s’orientent vers des prix stables, voire en baisse sur certaines lignes. Les marchés matures guident toujours une partie des renouvellements, mais les réassureurs attendent beaucoup des marchés émergents, plus prompts à se redresser malgré la période économiquement difficile actuelle. Le secteur se prépare donc à des changements, sans trop savoir de quoi il en retournera.