Stratégie : Swiss Re maintient ses ambitions et se pose en société d’experts

Le réassureur suisse Swiss Re fête cette année ses 150 ans. A cette occasion, Michel M. Liès PDG de Swiss Re, est revenu sur la stratégie du réassureur à horizon 2015.

Swiss Re est une compagnie d’expertise” comme l’a définie Michel M. Liès, CEO du réassureur helvète. “Les primes de réassurance rétribuent nos conseils” poursuit M. Liès, “nous sommes des consultants qui prenons des risques sur nos conseils”.

Swiss Re et son board, de passage en France à l’occasion des 150 ans du réassureur, ne changent pas la stratégie basée sur la performance et sur la rentabilité. “Nous ne sommes pas obligés de faire une croix sur la croissance pour la performance, ou sur la performance pour trouver de la croissance. La combinaison des deux est très importante » ajoute le CEO.

Pour ce faire, Swiss Re entend s’appuyer sur une forte présence en réassurance de biens et de responsabilités (P&C), dans ses activités d’assureur de grand risque (Corporate solution) et de réassurance vie avec sa filiale Admin Re. Celle-ci, concentrée en Grande Bretagne, détient des portefeuilles en run off sur des activités vie. “C’est un moyen d’accéder au marché sans avoir accès à la distribution individuelle” explique Michel M. Liès.
Swiss Re s’était également positionné sur ce créneaux aux Etats-Unis dans les années 2000, par opportunités et pour se diversifier. Ces activités parfois trop gourmandes en capital pour les assureurs qui les détiennent, souffrent de soucis “d’anti-sélection” à une époque ou l’innovation a largement segmenté le marché. Des opportunités pourraient apparaître en Europe du fait de Solvabilité II, toujours pour des questions d’allocations de capital dans un cadre réglementaire plus stricte.

Les marchés émergents pour investir sur le long terme

Sans surprise, la stratégie de Swiss Re s’attarde également sur les pays émergents, avec une vision “à moyen et long terme“. “La croissance à long terme est beaucoup plus importante, c’est ce qui oriente notre stratégie” détaille Michel Liès. Selon Swiss Re, la croissance réelle des primes en réassurance a bondit de 468% en Asie entre 2002 et 2013 contre une croissance de 21% dans les marchés matures. Cette croissance était de 233% pour les marchés à forte croissance.

Pour y parvenir, Swiss Re entend, comme ses principaux concurrents, profiter de sa connaissance, la fameuse expertise développée par Michel M. Liès. C’est également ce qui permet à Swiss Re de ne pas s’inquiéter des “capitaux alternatifs“. “Le phénomène existait déjà en 2007, ce n’est pas une tendance nouvelle“, précise-t-il, “20% des renouvellements aux Etats-Unis, mi-2013, ont été captés par les capitaux alternatifs. Ce n’est pas un danger pour nous” mais forcément plus pour les mid-cap, des réassureurs qui n’auront pas la capacité de proposer des services et des conseils mais qui se positionnent uniquement sur les capitaux. Ce que reconnaissent a demi-mot tous les gros réassureurs du marché.