Risque pays : Coface a rouvert sur la Grèce mais alerte les exportateurs sur l’Italie

En Grèce, Portugal et Espagne, des éléments favorables apparaissent mais le risque de défaut de paiement reste élevé pour les entreprises françaises qui y exportent.

Au cours d’une conférence sur le risque pays en Europe du Sud, organisée par le courtier Siaci Saint Honoré, l’assureur-crédit Coface a dressé un rapide panorama des risques.

Depuis février dernier, Coface fournit de nouveau des assurances crédits pour les exportations vers la Grèce après avoir cessé en juin 2012 de recouvrer les créances impayées des importateurs grecs. A cette période, les incidents de paiements avaient atteint un pic jamais observé auparavant.

Toutefois, Coface évalue à une probabilité moyenne de 20% le risque de défaut de paiement pour les entreprises grecques. Et il attribue la note C (avant dernière note sur une échelle de 7 niveaux) au pays, constatant une contraction de 20% cumulé du PIB ces 5 dernières années.

« Il n’y a plus d’innovations en Grèce et Portugal depuis de nombreuses années »

De fait, Nicolas de Buttet, directeur de l’arbitrage pour l’Europe de l’Ouest, a rappelé les importantes inégalités de modèles de croissance entre les pays européens.

Une statistique résume la situation : lorsque l’Allemagne a déposé 273 brevets pour 1000 habitants en 2012, la Grèce et le Portugal n’en comptaient que 7. « Il n’y a plus de modèle d’innovation-développement dans ces pays depuis de nombreuses années », relève Nicolas de Buttet. Ce chiffre atteint 132 pour la France, et la moyenne zone euro est de 138.

En Espagne et au Portugal, l’assureur-crédit a néanmoins relevé des éléments d’optimisme. “Depuis deux ans, on note une baisse unitaire du coût du travail en Espagne et au Portugal, ces gains de compétitivité permettent par exemple à l’Espagne de regagner des parts de marché à l’export”, affirme Nicolas de Buttet.

Enfin, Coface se montre plus vigilant sur l’Italie où “un credit crunch s’engage à cause de la hausse des créances douteuses”, déclare l’analyste. Coface a enregistré une forte hausse des impayés l’année dernière en Italie, le risque y reste donc élevé.