Inflation : Le difficile calibrage des primes d’assurance

L'inflation change la donne des négociations.
L'inflation change la donne des négociations.

Les primes dans l’assurance vont devoir être « prudemment calibrées » face à l’inflation et aux risques de récession, a estimé lundi le réassureur Swiss Re, qui reste cependant confiant sur la croissance du secteur sur fond d’une demande grandissante de produits d’assurances.

Le groupe, dont la tâche consiste à assurer les assureurs, s’attend à une hausse des prix exigés par les assureurs pour refléter l’augmentation des risques qu’ils doivent couvrir, a-t-il expliqué lors des Rendez-vous de septembre, congrès du secteur qui se tient chaque année à Monte-Carlo. Les assureurs sont confrontés à une hausse des coûts avec l’inflation mais aussi à une hausse des frais liés aux catastrophes naturelles, avec de plus en plus de catastrophes dites secondaires (par opposition aux catastrophes majeures), telles que les incendies, inondations ou tempêtes de grêle.

Parmi les facteurs qui contribuent à la hausse des frais, Swiss Re évoque également les tensions dans les chaînes d’approvisionnement. Remplacer une pièce défectueuse peut prendre deux à trois fois plus de temps qu’auparavant, ce qui signifie que les temps d’interruption couverts par les assurances s’allongent, a souligné Thierry Léger, le directeur des souscriptions chez Swiss Re, lors d’une conférence à Monte-Carlo.

Parmi les risques, il s’attend également à ce que les émeutes augmentent avec les pénuries alimentaires, rappelant à titre d’exemple que les émeutes en Afrique du Sud en juillet l’an passé avaient coûté à elles seules 1,7 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) aux assureurs. Cet environnement plus volatil représente certes un défi, mais aussi une opportunité pour le secteur dans la mesure où il accroit la demande pour les produits d’assurances.

Une grande partie de la hausse des demandes de dédommagements pour les catastrophes naturelles ces dernières années tient d’ailleurs en partie à l’élévation du niveau de vie qui a permis aux ménages de souscrire à des produits d’assurance pour se prémunir contre ces risques, a-t-il observé. Parmi les marchés à fort potentiel de croissance, M. Léger cite la couverture des risques pour les catastrophes naturelles mais aussi la cyber-sécurité, qui pourrait, selon lui, peser aussi lourd que le marché de l’assurance des biens d’ici 2040.

Ce marché est encore naissant, et les assureurs y disposent encore d’assez peu de données pour comprendre comment les couvrir. Mais comme pour les catastrophes naturelles, « il y aura des grosses pertes et nous apprendrons de ces pertes », a-t-il jugé.

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