Grêle sur les vignobles : « Les pertes de récolte ne relèvent pas du régime des calamités »

La FNSEA a réclamé lundi la proclamation de l’état de catastrophe naturelle pour permettre aux vignerons dont les domaines ont été affectés par les orages de grêle ces derniers jours de surmonter les pertes qui en découlent. De son côté, le ministère rappelle que les pertes de récolte sont assurables et ne relèvent donc pas du régime des calamités.

« Cela ne suffira pas face au travail gâché, mais c’est le premier moyen pour garder le cap et l’espoir » indique le principal syndicat agricole dans un communiqué, après que de violents orages ont touché les vignobles de Chablis, Cognac et Beaujolais. « C’est aux préfets désormais de prendre la mesure des dégâts et la seule mesure qui convienne (c’est) l’état de catastrophe naturelle pour les zones concernées », écrit le syndicat.

15% des vignes assurés

Seuls 15% des 800.000 hectares de vignes françaises sont assurés. Entre vendredi et dimanche des milliers d’hectares ont été affectés, hachés par les grêlons: selon Jérôme Despey, président du conseil vin de l’établissement public FranceAgriMer, « les impacts les plus forts se trouvent en Bourgogne et en Charente ». Mais dans l’Yonne, les viticulteurs chablisiens rappellent qu’ils avaient déjà eu à subir la grêle quinze jours plus tôt et le gel fin avril.

Les services de l’Etat « sont pleinement mobilisés » pour évaluer les dégâts après la grêle qui a frappé plusieurs vignobles le week-end dernier, affirme mardi le ministère de l’Agriculture qui rappelle que les pertes de récolte ne seront pas dédommagées. « En viticulture, les pertes de récolte sont assurables et, de ce fait, ne relèvent pas du régime des calamités agricoles », souligne le ministère dans un communiqué. En revanche les « pertes de fonds », occasionnées par la destruction des bois de vigne par exemple, qui impacteront les récoltes suivantes, pourront être compensées par le fonds de calamités agricoles précise-t-il. « Mais les pertes définitives ne pourront être connues qu’après la récolte 2016 ».

Le ministre Stéphane Le Foll a demandé aux préfets « de tout mettre en place » pour que les exploitants concernés puissent avoir accès au chômage partiel pour leurs salariés et solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti pour les parcelles affectées. Ils pourront aussi solliciter auprès des caisses de la mutualité agricole, la MSA, un report du paiement des cotisations sociales.

Avec AFP