Edito : Malgré les prélévements, vive l’euro-croissance

S’il y a bien une image pour illustrer les mouvements du gouvernement, c’est sans conteste l’escalier de Penrose, repris par Escher. Ou comment ne jamais arriver à une destination quelconque en continuant d’avancer.

Les mouvements autour des prélèvements sociaux sur les contrats assurance-vie, les PEA et PEL montrent ce mouvement qui ne trouve pas de but. Pas de ligne claire, pas vraiment de destination. Nous pouvions déjà noter les erreurs de communication dans un ministère des Finances où chacun prend la parole et où les décisions semblent aussi difficiles à mettre en œuvre que compliquées à expliquer à une majorité parlementaire.

Car il fut question de communication pour expliquer aux assurés, ou aux assureurs, ça semble plus logique, les premiers contours du contrat euro-croissance. Sans lever le voile sur les plafonds, migrations et orientations des fonds, Pierre Moscovici a lâché quelques pistes alors que le même week-end était maintenu la hausse des prélèvements sociaux. L’assurance-vie et son encours de 1.600Mds d’euros, l’assurance-vie qui retrouve la couleur verte de la collecte positive, l’assurance-vie qui est un placement pour tous budgets mais qui regroupe surtout les grosses fortunes, reste une niche fiscale donc.

Tant que le collectif budgétaire n’est pas passé, difficile de faire le point sur ce que sera vraiment le contrat euro-croissance. Les inquiétudes ont été étouffées pour le moment, les assureurs jugeront sur pièce. Il faut dire qu’il est très compliqué de savoir quels chemins vont prendre les réflexions du gouvernement sur le sujet. Comme sur tous les autres. Et donc ce qu’il en ressortira et ce que sera la marge de manœuvre des assureurs ensuite, pour faire faire, à leur tour, un revirement spectaculaire.