Courtage : “Aujourd’hui il faut être souple, sinon vous mourrez”, selon Jacques Bouthier

    Avec un regard prudent sur le marché du courtage français, Jacques Bouthier, président du groupe Assu 2000 (Assu 2000, MaXance, Euro assurance, Crédit Market), reste attentif à ses nombreuses évolutions. Au micro de News Assurances Pro, le dirigeant évoque la transformation de ses agences, l’importance du courtage de proximité et la croissance d’internet notamment dans ses filiales.

    Quel bilan tirez-vous de l’année 2013 pour le groupe Assu 2000 ?

    Pour 2013, Assu 2000, qui reste notre navire amiral, a réalisé 5% de croissance. Pour MaXance, notre activité grossiste, nous tournons autour de 15% de croissance et chez Euro-Assurance, notre pure-player internet, nous réalisons plus de 40% de croissance. Nous réalisons donc au global plus de 15% de croissance pour le groupe.

    Quelle est votre vision du courtage aujourd’hui en France ?

    Dans notre domaine du courtage de particuliers, le marché continue de croître et d’évoluer. Cependant, les moyens à mettre en œuvre pour se développer sont plus importants qu’avant. Il y a moins de place pour le petit courtage. Il y a besoin aujourd’hui de structurer l’activité et d’avoir des investissement plus importants que dans le passé.
    Actuellement, les compagnies ont du mal à faire jouer les synergies entre internet et le réseaux de proximité. Tous les gens ne sont pas encore prêts à souscrire directement via le web sans avoir un point de contact avec un courtier en face à face. C’est un marché qui bouge mais les clients ont encore besoin d’être rassurés par un présence physique sur le terrain.
    Quoiqu’il en soit, aujourd’hui il faut être souple, sinon vous mourrez. Les courtiers de proximité ont encore un peu de temps devant eux mais ils vont devoir s’organiser et il est certain que quelques-uns disparaitrons. Il faut qu’ils intègrent l’outil internet s’ils veulent demain continuer de survivre, c’est évident.

    Comment vont évoluer vos agences Assu 2000 ?

    Quelles sont aujourd’hui les perspectives de développement de votre filiale directe Euro-Assurance ?

    Nous nous sommes questionnés un temps sur la possibilité de fusionner Assu 2000 et Euro-Assurance. Nous ne l’avons pas fait pour des raisons sociales et nous avons laissé vivre les deux entités. Euro-assurance est un pure-player et jusqu’à maintenant la seule communication que nous avions passait par les comparateurs, internet et les réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous souhaitons asseoir la marque avec des publicités au bord des grands axes routiers et des campagnes de communication sur les chaines TNT (plus de 10.000 messages prévus pour 2014). Le but est de développer l’image de cette marque, que les clients nous identifient et viennent ensuite cliquer chez nous.

    Que va changer l’ANI pour votre business ?

    Pour nous la santé est un produit marginal qui n’est pas stratégique. L’ANI préconise de s’assurer par le biais des entreprises, un marché où nous nous refusons d’aller. Ensuite, Comme nous travaillons sur le domaine du particulier, nous nous intéressons à ceux qui ne travaillent plus en entreprise. Tout le monde se jette aujourd’hui sur ce créneau, notamment les TNS, ou les personnes âgées. Nous préférons attendre et voir ce que cela va donner. Dans ce genre de cas, il faut être modeste, regarder ce qu’il se passe et nous adapterons ensuite notre stratégie.

    Quels nouveaux produits envisagez-vous de commercialiser à l’avenir ?

    Nous souhaitons lancer une activité de crédit, à travers la filiale Crédit Market, qui nous permettrait d’approcher une clientèle de primo-accédants et nous conduire à l’avenir de nous lancer sur le créneau de l’assurance emprunteur. Nous sommes en train de créer un structure pour gérer cette activité et nous ferons ensuite des acquisitions pour nous développer rapidement sur ce segment. C’est un marché qui n’est pas inintéressant et d’autres acteurs ont bien réussi sur cette branche.

    Qu’en est-il de votre activité à l’international ?

    Nous regardons évidemment la concurrence en France et aussi à l’international car cela est toujours intéressant et sain. Nous avons actuellement une plateforme de gestion qui nous appartient au Maroc, car nous tenons à garder la totalité de la maitrise de la chaîne. Si un jour une opportunité se présente à l’étranger pourquoi pas. Nous sommes constamment attentifs au marchés en dehors de France, notamment l’Angleterre qui fait figure de pionnier.