Assurance-vie : Taux faible mais stratégie UC gagnante chez Groupama Gan Vie

Groupama et Gan serviront un taux plancher de 1,80% pour le fonds euros des contrats assurance-vie au titre de 2013 mais 90% du portefeuille bénéficie de boni. Le groupe a enregistré une décollecte de 800M d’euros mais juge que la stratégie de collecte d’UC a bien fonctionné en 2013 et sera poursuivie en 2014.

Certes, le taux est bas. Avec un rendement prévu pour les fonds euros de 1,80% pour 2013, Groupama Gan Vie ne se situent pas vraiment dans la fourchette haute du marché. Seulement, ce taux ne correspond qu’à 10% du portefeuille selon Philippe Soret, directeur général de Groupama Gan Vie. “Depuis 2012 nous avons mis en place une politique de bonus, notamment vers les unités de compte” explique-t-il.

De fait, avec un bonus de 0,20 point dès 10% d’investissement en UC, la moitié du portefeuille est concernée. Le bonus peut atteindre 1,10 point dès lors que la part UC atteint 40% de l’épargne et 30.000 euros. Les rendements pour ces épargnants seront donc de 2 à 2,90% sur le fonds euros. A noter que Groupama prévoit de supprimer le seuil en 2014.

Reconstitution significative de la PPE

Et ce n’est pas tout. Dans le détail, 30% du portefeuille profite du bonus de 0,20 point sur le fonds euros du fait de l’ancienneté. Ces clients, parfois trop âgés pour bénéficier du dispositif Fourgous (qui permet de passer d’un contrat monosupport à un contrat multisupport en conservant l’ancienneté fiscale) dans le respect du devoir de conseil, sont fidélisés par ce processus. Sur les 20% restants, la moitié reste au taux plancher, mais 10% bénéficient de contrats à taux garantis “compris entre 3 et 3,50%“. Pour l’assureur mutualiste, “l’ensemble représente un taux moyen de 2,40%“.

Avec un taux de rendement de 1,80%, Groupama Gan Vie a pu constituer des réserves. Philippe Sorret parle même d’une “reconstitution significative de la PPE” pour envisager une stabilité voire une remontée des taux en 2014 / 2015. C’est également un signal qui “traduit une amélioration de la santé” de Groupama. Appréciable pour les assurés et les observateurs, après les déboires de l’année 2011 qui avait vu l’assureur finir avec un résultat déficitaire de 1,8Md d’euros.

Mais les assurés n’ont pas perdu confiance en Groupama. Malgré une décollecte de 800M d’euros en 2013, pour une collecte brute totale de 2,3Mds d’euros, les rachats ont baissé et atteignent 4% de l’encours. C’est un peu mieux qu’en 2012 et “nous avons clairement fait le choix de privilégier une collecte en UC contre du volume. Nous ne cherchons pas à faire du volume en euros.
Groupama avait prévu cette décollecte finalement moins importante, puisque l’assureur mutualiste avait imaginé atteindre un peu plus d’un milliard d’euros de collecte nette négative. “Cette décollecte a été absorbée par la trésorerie prévue pour y faire face” détaille Philippe Sorret.

28% de la collecte brute 2013 en UC

Une stratégie maintenue pour 2014. Le fonds euros n’est pas la priorité, ce sont les UC qui sont encore une fois la cible. “Notre objectif est de réaliser la même collecte en unité de compte qu’en 2013, c’est à dire 1,1Md d’euros” confie le directeur général de Groupama Gan Vie. En 2013, les UC ont représenté 28% de la collecte. Et la stratégie fonctionne, car sur les premières semaines de janvier, Groupama Gan Vie estime la collecte en UC à 35-37% de la collecte brute.

Pour y parvenir, l’objectif est de tirer profit de 3 leviers. A la fois la collecte en UC, pour un tiers, puis des arbitrages, pour un autre tiers et enfin le dispositif Fourgous pour le dernier tiers. Cette répartition a déjà été réalisé en 2013 et reste un objectif accessible.
Cette stratégie pourrait entraîner une nouvelle décollecte en euros, mais Groupama est prêt à y faire face, une nouvelle fois à hauteur de 1Md d’euros. D’autant que 2014 pourrait relancer la banque. “Désormais, tous les réseaux ont une optique globale de l’approche de l’épargne, avec la banque” ajoute Philippe Sorret. En clair, les objectifs de placement des clients trouveront des produits tant en fonds euros, en UC qu’en… produits bancaires.

Impasse sur l’euro-croissance

La politique commerciale se découpe également en trois tiers, avec un tiers sur l’euro, un tiers sur les unités de compte et un tiers sur les produits bancaires. Une politique plus globale sur l’épargne qui réoriente Groupama vers des produits à plus forte rentabilité, mais dans laquelle le futur contrat euro-croissance n’aura pas forcément sa place. Déjà pourvu d’un produit structuré, avec pour sous-jacent une émission Groupama. “Nous préférons rester sur notre réussite commerciale actuelle. C’est un bon produit, mais nous ne ressentons pas le besoin de le faire sous la forme euro-croissance. A ce stade, nous considérons que ce que nous avons développé comme produits, par exemple avec garantie sur les sommes versées, sont suffisants” conclut Philippe Sorret. Un bon produit, mais déjà en magasin pour Groupama.