Agriculture : Groupama souhaite le soutien de l’Etat

Lors de la présentation de ses résultats 2013, Groupama a expliqué être en discussion avec l’État concernant les couvertures des risques agricoles. L’assureur mutualiste souhaite proposer une nouvelle garantie de base pour les exploitants agricoles mais veut pouvoir avoir le soutien de réassureurs.

Groupama, qui couvre les récoltes aux côtés de l’État depuis 2005, souhaite aujourd’hui que le gouvernement puisse, comme dans d’autres pays “convertir les aides directes à l’agriculture vers des soutiens à l’assurance récolte”, explique Thierry Martel, le directeur général de Groupama. “Il faut qu’on soit clair aujourd’hui dans la manière qu’à gouvernement à subventionner ou accompagner les agriculteurs dans les prises de garanties”.

Ainsi, Groupama souhaite voir l’État proposer sa garantie en matière de couverture des
risques agricoles, afin de sécuriser les tarifs à un niveau raisonnable. Particulièrement impactée cette année, l’enseigne veut améliorer le système d’indemnisation actuel.
“Concernant les risques climatiques sur culture nous avons une part de marché en France de 85%”, explique Jean-Yves Dagès, président de Groupama. “Nous avons sur les cultures enregistré une année catastrophiques, puisque nous avons connu presque les 15 aléas que nous couvrons”, poursuit ce dernier.

“Nous avons constaté au travers de cette année que le modèle ne pouvait perdurer en l’état. L’ensemble des acteurs du milieu agricole et notamment les organisations professionnelles ainsi que le ministre de l’Agriculture. Nous avons décidé de conduire ensemble une réflexion pour améliorer le système d’indemnisation”, ajoute M. Dagès. “Nous souhaitons d’abord qu’il y ait une base plus importante d’agriculteurs qui soient assurés, notamment en grandes cultures et viticulture, car ces productions sont sorties du régime des calamités agricoles, donc du régime potentiellement assurable. Elles ne peuvent donc pas bénéficier de la garantie d’État”, poursuit-il Pour l’assureur mutualiste, le seuil optimum serait d’atteindre 50% des exploitations assurées, “aujourd’hui nous sommes à 37%”.

Groupama veut surtout que l’exécutif puisse prendre en charge une partie des cotisations pour que le reste à charge de l’agriculteur soit supportable et que l’Etat joue son rôle vis-à-vis des assureurs en matière de réassurance.

L’importance de la réassurance

Comme l’explique Thierry Martel dans l’interview ci-dessous, l’importance de la réassurance est cruciale dans ce dossier.

Pour les épisodes de sécheresse (jusqu’à cinq fois par an), le risque est trop lourd à couvrir et l’assureur ne souhaite plus s’engager sur de tels risques sans avoir la certitude d’avoir une réassurance solide et donc la garantie de l’État.

Groupama, qui souhaite que l’assurance soit utilisée comme un outil de soutien aux revenus des agriculteurs, table sur le modèle Nord-Américain où les compagnies d’assurance s’occupent de la gestion du risque, avec en parallèle des primes d’assurance
subventionnées.

L’ensemble des acteurs du monde agricole, en discussion actuellement avec Stéphane Le Foll planchent aujourd’hui sur une garantie de base avec une franchise de 30% pour les exploitants agricoles, à l’image “d’un partenariat public-privé”.