Télémédecine: Axa étoffe son offre en France

Jacques de Peretti, PDG d'Axa France

L’assureur français va proposer de nouveaux services de télémédecine en 2018, notamment des “télécabines” de consultation médicale dans les entreprises, a indiqué jeudi le PDG d’Axa France, Jacques de Peretti.

Dans les semaines qui viennent, nous allons lancer notre première télécabine de téléconsultation“, a-t-il déclaré aux Echos, évoquant de possibles installations “chez nos grands clients qui nous font confiance pour la mutuelle de leurs salariés“.

Cet outil permettra “d’enregistrer des examens complémentaires (comme) la tension, la rétine, de manière à aller un peu plus loin dans la capacité à faire un diagnostic“, a-t-il précisé.

Axa a introduit en 2015 la téléconsultation de médecins généralistes dans ses offres de complémentaires santé, d’abord pour les entreprises et uniquement par téléphone, avant de l’étendre aux particuliers et à la visioconférence.

L’assureur, qui recense actuellement “plus de 1.000 téléconsultations par mois” et “4 millions de clients (qui) peuvent en bénéficier“, va compléter ce service “cette semaine (…) avec des spécialistes, cardiologues, gastro-entérologues, diététiciens“, a-t-il ajouté.

Ces annonces interviennent à une semaine de l’ouverture d’une négociation sur la télémédecine entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux, qui ont déjà avancé des revendications financières.

Le président du SML, Philippe Vermesch, a ainsi réclamé mercredi “une rémunération réellement incitative pour les actes“, tandis que son homologue de MG France, Jacques Battistoni, a plaidé pour une “gradation” des rémunérations en fonction de la complexité des consultations.

Pilier du plan de lutte contre les déserts médicaux présenté en octobre par le gouvernement, la télémédecine suscite les convoitises d’autres assureurs, comme le groupe mutualiste VYV (Harmonie, Istya, Mgen) qui a racheté en novembre la start-up MesDocteurs, spécialisée dans la téléconsultation médicale.

Mais leurs pratiques commerciales posent parfois des problèmes de déontologie: après la diffusion de spots radio de la mutuelle Eovi MCD vantant son service de téléconsultation, l’Ordre des médecins a déposé plainte en novembre pour “distorsion de concurrence”, la publicité étant interdite aux médecins.