Marché : L’UFC dénonce le manque de concurrence en assurance emprunteur

Taxant le dernier rapport de l’IGF sur l’assurance emprunteur de trop timoré, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a demandé, chiffres à l’appui,  la garantie aux senateurs d’une plus grande concurrence sur ce marché. Sans surprise, les bancassureurs, qui dominent aujourd’hui ce segment, se défendent.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a demandé ce mardi aux sénateurs qu’ils puissent garantir une réelle concurrence sur le marché de l’assurance-emprunteur. Elle dénonce en particulier l’importance excessive des marges au début du contrat, malgré un récent amendement permettant un délai d’un an pour renégocier l’assurance de son prêt.

Chiffres à l’appui, l’association de consommateur signale dans un communiqué commun avec le cabinet BAO et l’association Assurance Emprunteurs Citoyens “l’existence de marges extrêmement élevées et de contrats bancaires parfois peu protecteurs pour les clients”.

Le marché de l’assurance-emprunteur, fortement captif, est dominé par les banques, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et BNP Paribas représentant à eux trois 57% du secteur, ce qui n’est pas sans poser des problèmes de conflits d’intérêts de par leur double statut, de banquier et d’assureur.

Tableau UFC Assurance emprunteur

Également interrogé sur ce sujet mardi lors d’un petit déjeuner avec les membres de l’ANJA (Association nationale des journalistes de l’assurance), Pierre De Villeneuve, Président-directeur général de BNP Paribas Cardif, a tenu à minimiser les faits.

“Il faut que l’activité d’assurance emprunteur soit justement rémunérée. En tant qu’assureur notre métier de base est de mutualiser les risques. Les contrats groupe bancaires correspondent exactement à cela et historiquement, ils n’ont pas toujours été générateurs de marges, accusant même des pertes certaines années”.

Et le dirigeant d’ajouter “nous avons amélioré la part de la prise en charge et réduit la tarification et les exclusions. Nous avons donc amélioré les produits et dire aujourd’hui dans le débat qu’un contrat est meilleur que l’autre en matière de tarification est faux. Se pose aujourd’hui le problème du choix de la mutualisation. Est-ce que je préfère des produits relativement mutualisés avec des formules moins sélectives que des contrats individuels, ou bine un produit individualisés (ndlr : proposé par les assureurs alternatifs) ?  Pour moi si on va trop vers la personnalisation on va vers un démutualisation”, conclut-il.