Marché : L’étranger, “le meilleur comme le pire”, selon Thierry Martel

Le marché de l’assurance française, de plus en plus concurrentiel, pousse les assureurs à trouver de nouvelles lignes de développement, comme par exemple s’installer à l’étranger. Cela n’est pas sans risque, d’autant que des segments existent encore sur le marche intérieur pour que les enseignes puissent encore gagner du chiffre d’affaires.

Interrogé ce lundi lors de la conférence organisée par La Lettre de l’Assurance sur les perspectives du secteur pour les 5 prochaines années, Thierry Martel, directeur général de Groupama, a indiqué que, pour un acteur franco-français, se développer à l’étranger peut “délivrer le meilleur comme le pire”. “Il faut avoir une bonne analyse du marché pour pouvoir s’implanter à l’international, mais le problème c’est que tout le monde veut aller au même endroit”, poursuit-il.

“S’installer à l’étranger n’est pas un impératif. Dans un sens c’est bien d’aller faire valoir ses qualités ailleurs, mais les synergies transfrontalières restent compliquées”, conclut-il.

De son côté, Pascal Demurger, directeur de la Maif ajoute que “pour s’établir à l’étranger il faut avant tout des moyens financiers et un soutien logistique significatif”, ajoutant que la problématique de la taille critique se pose très souvent hors frontières.

“Le marché intérieur n’est pas saturé”

Concernant les perspectives de développement du secteur en France même, c’est cette fois Jérome Grivet, directeur général de Crédit Agricole Assurances qui déclare que “le marché intérieur n’est pas saturé”. “Il reste des besoins futurs d’assurance. Le désengagement de l’Etat impécunieux sur plusieurs systèmes de financement laisse des possibilités de développement en France. C’est le cas de l’ANI, de l’Eurocroissance, de la dépendance ou des couvertures agricoles par exemple”.

Pour les mutuelles d’assurances classiques, le cœur de métier et la majeur partie du chiffre d’affaires dépendent toujours de l’assurance dommages. Ainsi, pour pouvoir continuer à se développer sur un marche extrêmement concurrentiel est de plus en plus difficile. “Il y a des rebonds possibles, mais il faut accroître ses parts de marché et accroître ensuite la valeur de ces parts de marché”, poursuit Pascal Demurger. “Il faut surtout ne pas perdre d’assurés et cela passe notamment par la fidélisation ou la relation clients”.

Et Thierry Martel d’ajouter que “même dans un marché qui peut paraître saturé, la croissance du secteur est plus grande que la moyenne de l’activité économique. Il ne faut pas se lamenter, les assureurs se portent bien”. Ce dernier de conclure que pour le futur, c’est la multitude de données collectées (notamment sur internet, sur les réseaux sociaux ou sur les smartphones ou tablettes) qui va représenter une matière importante et une “mine d’or assurable” à exploiter dans les années à venir pour pérenniser le développement des assureurs sur le marche intérieur.