Réforme des retraites : Les garanties prévoyance et retraite, impactées modérément

Les assureurs sont enfin fixés sur ce que sera la future réforme des retraites. Les impacts sur les garanties prévoyance et retraite devraient être modérés.

Le contenu de la réforme des retraites n’est plus un mystère. De fait, les assureurs savent à quoi s’attendre en termes de garanties retraite et prévoyance. Le 27 août, après deux jours de discussions avec les partenaires sociaux, Jean-Marc Ayrault a communiqué sur le sujet alors que cette réforme ne sera présentée en conseil des ministres que le 18 septembre. Cette réforme prévoit donc une hausse des charges sociales, ainsi qu’une augmentation de la durée de cotisation à 43 ans en 2035. Cette augmentation sera progressive à partir de 2020.

Avec l’allongement de la durée de cotisation, les garanties prévoyance vont-elles donc être directement impactées à moyen terme ?  Réponse de Jean-Luc De Boissieux, secrétaire général du Gema, “les mesures voulues par le gouvernement concernant l’âge de départ à la retraite sont repoussées à 2035. C’est très loin. Par conséquent, ceci n’aura pas d’impact immédiat sur les garanties prévoyance“. Pascal Broussoux, directeur des assurances de risques chez AG2R La Mondiale confirme. “Effectivement, Il n’y aura pas d’impact immédiat sur la prévoyance. Cependant, ce que l’on constate depuis quelques années maintenant c’est que le fait d’exiger un nombre de trimestres de cotisation toujours plus important (pour avoir une retraite à taux plein) va élever l’âge moyen des départs en retraite. Les arrêts de travail et les arrêts d’invalidité sont liés à l’âge. Plus l’âge est élevé plus les arrêts de travail sont longs. Donc plus la durée est longue, plus c’est coûteux”.

La prévoyance impactée à très long terme

En ce qui concerne l’invalidité, il n’y aura pas de conséquences car l’âge légal du départ à la retraite n’a pas été repoussé. En revanche, “sur la santé, l’incapacité et le décès, l’impact sera dilué dans le temps, du fait de l’allongement de cotisation d’un trimestre tous les trois ans,” précise Florian Bocognano, actuaire, consultant et practice leader prévoyance chez Optimind Winter. Nicolas Le Berrigaud, actuaire, consultant et practice leader santé, renchérit : ” Il n’y a pas d’urgence pour les assureurs à revoir leur garantie prévoyance car l’effet va être très dilué dans le temps”. Les conséquences concernant cette réforme des retraites sont donc moindres, comparées à la précédente réforme qui a repoussé l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans. “Les assureurs ont dû amortir ce passage“, poursuit Nicolas Le Berrigaud. Pascal Broussoux poursuit, “La précédente réforme des retraites a eu des effets considérables sur les garanties prévoyance dans la mesure où l’âge légal du départ à la retraite a été reculé”.

Le passif social touché de plein fouet

L’allongement de la durée de cotisation – qui passe de 41 ans à 43 ans – va affecter le passif des entreprises. “L’âge moyen de départ à la retraite évolue, donc le passif social correspondant va augmenter et pour les entreprises cela va être une charge non négligeable”, explique Nicolas Le Berrigaud chez Optimind Winter.

De plus, la hausse des cotisations sociales pour la part patronale va avoir des conséquences sur les indemnités de fin de carrière.

Crédit photo : Flickr common creative /Ikkio