Étude : l’ANI ne suffira pas à réduire les inégalités

Les complémentaires santé en entreprise seraient insuffisantes face aux inégalités révèle un étude de l’institut de recherche et documentation en économie de la Santé (Irdes). 

La généralisation de la complémentaire santé en entreprise n’aura qu’un faible impact sur le nombre de personnes non-couvertes par une complémentaire santé estime une étude de l’institut de recherche et documentation en économie de la Santé (Irdes).

L’étude indique que l’ANI ne suffira pas à faire diminuer les inégalités d’accès à la santé. Le document se base notamment sur une simulation établies d’après les données de l’Enquête de la protection sociale ESPS de 2012. Ainsi les chercheurs de l’Irdes estiment que le taux de personnes non couvertes par une complémentaire santé, tournait autour de 5 % en 2012, le chiffre “serait encore de 4% après la généralisation de la complémentaire d’entreprise“.

Selon l’étude près de 80% des personnes qui ne bénéficiaient d’aucune complémentaire santé en 2012 “resteraient non couverts après” une fois l’ANI entrée en vigueur. Toujours d’après le document, en prenant en compte la portabilité, le taux de non couverture descendrait à 3,7% si l’ensemble des salariés accepte leur couverture d’entreprise. Enfin si la généralisation de la complémentaire s’étend aux ayants-droits et aux chômeurs de courte durée le taux de non-couverture pourrait atteindre 2,7% .

“Même si l’ANI pouvait permettre de réduire l’association entre vulnérabilité sociale et non-couverture, on observe un renforcement du lien, toutes choses égales par ailleurs, entre la non-couverture et le fait d’être inactif ou au chômage”, indique l’étude.

L’ANI ne concerne en effet que les salariés d’une entreprise, ainsi les chômeurs et les travailleurs précaires se retrouvent exclus de la santé complémentaire d’entreprise obligatoire. “En 2012, le taux de non-couverture était particulièrement élevé chez les chômeurs (13,7 %), les hommes et femmes au foyer (8,9 %) et les autres inactifs (11,6 %) qui sont exclus du champ d’application de l’ANI”, rappelle l’Irdes.

C’est pourquoi, l’étude met en évidence, “l’importance des autres dispositifs mis en place pour améliorer l’accès à la complémentaire santé des ménages les plus pauvres“, tel que la CMU-C et d’autres dispositifs notamment pour venir en aide aux personnes âgées nécessiteuses de soins et d’attention médicale particulière.