Dommages : vers la fin des hausses de tarifs ?

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Selon Facts and Figures, les hausses de tarifs ne sont plus d’actualité. Avec des prévisions de hausses contenues en auto et habitation, le cabinet estime que les tarifs ne peuvent plus augmenter.

« Nous prévoyons des hausses de 0,5 à 1% au 1er janvier 2016 en automobile et 1 à 2% en habitation », annonce Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur du cabinet Facts and Figures. Selon lui « les assureurs ne peuvent plus augmenter les tarifs », en raison de la volatilité des portefeuilles et de la rentabilité du secteur. Conséquence logique, « la maîtrise des résultats techniques se fera sur les garanties ».

La sortie du 5e baromètre des assurances dommages – somme de 70 pages d’analyses des chiffres 2013 et antérieurs – est une occasion de revenir sur la rentabilité des acteurs dommages. Selon le cabinet, la période 2010-2013 en assurance automobile montre une corrélation plus en plus modérée entre la hausse tarifaire et le gain de chiffre d’affaires : même lorsque les tarifs augmentent fortement, le chiffres d’affaires tend à progresser moins rapidement. « L’élasticité prix dans l’assurance est sensible », explique Cyrille Chartier-Kastler, « augmenter les tarifs revient maintenant à perdre des contrats ».

Autre effet sur le chiffre d’affaires, les politiques de conquêtes et d’affaires nouvelles. La gratuité de quelques mois ou les réductions de primes pèsent d’autant sur les chiffres d’affaires des assureurs, alors même que le portefeuille subit une hausse tarifaire.
A ce petit jeu, les réseaux d’agents sont les premiers frappés. La hausse tarifaire de plusieurs points gonfle artificiellement les commissions, mais engendre un gain de chiffres d’affaires de quelques dixièmes de points. Les mutuelles sans intermédiaires, championnes de la stabilité tarifaire, engendre des gains de chiffre d’affaires mais au détriment du résultat technique.

« Si les acteurs ne peuvent plus augmenter les tarifs, il reste la voie de la segmentation », assène le consultant. « Les mutuelles qui ne suivent pas le mouvement de démutualisation prennent des risques et dégradent leurs résultats techniques ».
Si la messe semble dite en auto, en habitation, le cabinet reste plus mesuré. « Les hausses moyennes n’ont pas beaucoup de sens, les mouvements tarifaires vont beaucoup dépendre des portefeuilles des différents acteurs. Et nous anticipons des hausses allant jusqu’à 5% ». Le poids des climatiques pesant notamment beaucoup dans les équilibres techniques de la MRH. Là encore, la segmentation pourrait être l’alternative, à condition de savoir collecter et utiliser les données.