Accident de Puisseguin : Axa, Gan et Generali vont verser 11 millions d’euros

La majorité des ayants droit des 43 personnes tuées en octobre 2015 dans la collision entre un autocar et un camion à Puisseguin (Gironde) vont être indemnisés dans les prochaines semaines par les assurances à hauteur de onze millions d’euros, ont annoncé mardi leurs avocats.

Venue à Puisseguin participer à un comité de suivi des victimes, la secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes, Juliette Méadel, a par ailleurs annoncé que l’enquête technique sur les circonstances de cet accident, le plus meurtrier en France depuis 1982, serait « achevée d’ici la fin de l’été ».

A l’issue du comité de suivi, Mme Méadel a signé un « accord cadre d’indemnisation à l’amiable », se félicitant d’une « indemnisation sans précédent » conclue de gré à gré entre assureurs et victimes en seulement huit mois. « Sur le volet indemnitaire, nous sommes parvenus à un accord amiable avec les assureurs, qui ont pris la mesure du traumatisme subi par nos clients », a résumé pour sa part Me Marie Mescam, qui représente plus de 300 des quelque 350 victimes directes ou indirectes de l’accident.

L’avocate du collectif des familles des victimes a notamment salué « des avancées importantes sur la nature exceptionnelle des postes indemnisés, sur l’élargissement du cercle familial indemnisé et sur la simplicité du processus d’indemnisation ». « Les préjudices des proches, qui ont déjà été évalués pour 90% des victimes, vont être indemnisés dans les semaines qui viennent avec une enveloppe débloquées par les assureurs (Gan, Generali et Axa, ndlr) à hauteur de onze millions d’euros », a-t-elle annoncé.

« Indépendamment des préjudices habituels (économique, psychologique, d’affection…), deux préjudices spécifiques sont, pour la première fois dans un cadre amiable, reconnus et indemnisés: le préjudice d’angoisse pour les victimes directes et le préjudice d’attente pour les proches des victimes », a souligné la secrétaire d’Etat. La collision mortelle s’était produite le 23 octobre 2015 à l’aube dans un virage d’une route secondaire du vignoble de Saint-Emilion. Sous le choc, le camion et l’autocar, qui transportait 49 personnes, essentiellement des retraités partis en excursion pour la journée, s’étaient immédiatement embrasés.

Originaires de l’Orne, le conducteur du camion Cyril Aleixandre, 31 ans et son fils âgé de 3 ans qui voyageait avec lui, avaient péri dans l’incendie. Seules huit personnes avaient réchappé du drame, dont le chauffeur du car. Les réflexes de ce dernier avaient permis à plusieurs passagers de s’extraire du véhicule.

Concernant l’indemnisation de ces rescapés, « il y a des préjudices corporels qui doivent être indemnisés sur expertises médicales », toujours en
cours et qui devraient prendre encore plusieurs mois, a précisé Me Mescam. L’avocate a également exprimé son insatisfaction devant l’avancée d de l’enquête pénale. « Il y a une attente des victimes qui n’ont pas encore reçu de réponse, des questions d’intérêt public qui se posent, notamment sur la vitesse de propagation du feu et l’origine du feu et des fumées toxiques », a-t-elle dit.

Parallèlement à cette enquête pénale, le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) poursuit les investigations techniques. Mme Méadel a annoncé que cette enquête sur les circonstances de l’accident serait « achevée d’ici la fin de cet été. Les conclusions de l’enquête seront présentées aux victimes et à leurs proches en septembre. »