Groupama : les taxes plombent le bénéfice net en 2017

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Groupama

L’assureur mutualiste Groupama a annoncé le 16 mars une chute de son bénéfice net en 2017, plombé par différentes décisions de l’Etat dont la surtaxe exceptionnelle sur les grands groupes, mais une progression de ses revenus et des activités plus rentables.

L’an dernier, le bénéfice net de Groupama a baissé de quelque 10% à 292 millions d’euros, alors que son chiffre d’affaires a progressé de près de 2% à 13,8 milliards.

Les comptes ont souffert de près de 200 millions d’euros liés à “l’addition de deux décisions politiques” fin 2017, a commenté Fabrice Heyriès, directeur adjoint du groupe, lors d’une conférence.

Ils ont surtout été plombés par une décision du gouvernement dans le cadre du budget 2018: l’exécutif cesse de contribuer au versement de certaines rentes, héritage de mesures prises peu après la Libération.

Ils ont considéré qu’ils ne voulaient plus payer ça et qu’ils renvoyaient la charge aux assureurs“, a expliqué Thierry Martel, directeur général de Groupama.

Groupama pâtit aussi de la surtaxe exceptionnelle sur les grands groupes décidée dans l’urgence fin 2017 par le gouvernement pour compenser l’annulation de la taxe sur les dividendes. Cette mesure défavorise banques et assureurs mutualistes, puisqu’ils ne paient pas de dividendes mais dégagent des chiffres d’affaires élevés.

Bon résultat opérationnel

Reste qu’au niveau de l’activité, le groupe a nettement redressé la barre: son bénéfice opérationnel a presque doublé après avoir souffert en 2016 d’une année catastrophique pour les agriculteurs, au coeur de la clientèle de Groupama.

Son “ratio combiné”, qui mesure le rapport entre primes encaissées et sinistres remboursés en dehors du cadre particulier de l’assurance vie, est repassé sous la barre des 100%: cet indicateur signifie que les sommes perçues dépassent celles versées.

Tout en soulignant le poids des ouragans Irma et Maria aux Antilles, Groupama explique qu’il l’a très largement compensé grâce à ses propres programmes de réassurance, c’est-à-dire l’assurance des assureurs.

Au niveau de ses perspectives, Groupama a pris garde de ne rien exclure en matière de rapprochements, au moment où le secteur est marqué par de multiples mariages: AG2R et La Mondiale d’un côté, Matmut et Aesio de l’autre.

 “Jouer un rôle dans le mouvement de consolidation ? Certainement“, a prévenu Jean-Yves Dagès, président de Groupama. Le groupe est entré dans “une phase de croissance qui sera interne… Externe… Nous y réfléchissons“, a-t-il conclu.