Union Macif – MAIF – Matmut : Un point de départ mais peu de précisions

Les présidents des Groupes Macif, MAIF et Matmut ont officialisé le projet d’union des trois mutuelles au sein d’une Société de Groupe d’Assurance Mutuelle (Sgam) pour la fin 2009. Si chacun assure que tout est fait dans l’intérêt du sociétaire, il faudra attendre quelques temps avant de voir les premières mesures concrètes de cette union.

10,8 millions de sociétaires, 9,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 11 millions de véhicules assurés… Tels sont les chiffres qui révèlent le poids de la future holding dont la Macif, la MAIF et la Matmut seront les premiers affiliés. « Nous souhaitons créer un grand groupe mutualiste » ont annoncé à tour de rôle les présidents des trois groupes.

Le rapprochement entre les trois mutuelles d’assurances est maintenant officiel. Les différentes démarches, consultations des représentants du personnel, approbations par les trois gouvernances et validation par les autorités de contrôle de la concurrence avant les signatures des actes d’affiliation vont prendre le reste de l’année 2009.

Si dans l’idée tout semble clair, la future structure ne semble pas trouver sa place. Ni nom ni de décision prise sur la direction, qui pourrait être tournante, et l’impression qui se dégage est que tout reste à construire.
Le rôle de la Sgam est financier, « la création d’un socle financier est à la base du projet » précise Roger Iseli, directeur général du groupe Macif. Chaque mutuelle est solidaire financièrement des deux autres. Pour le moment, aucune dotation financière n’a été décidée.
Car le but du rapprochement n’est pas de fusionner les moyens de gestion. Ainsi, pour Daniel Havis, PDG du groupe Matmut, « la gestion de sinistres est au cœur de notre métier. Les fusionner, c’est fusionner les trois maisons ! »

Effet de taille et stratégie floue

La comparaison avec la Sgam Covéa, qui regroupe la MAAF, la GMF et MMA, n’est donc pas à l’ordre du jour. « Covéa est un exemple, mais pas un modèle, surtout pas » a martelé Roger Belot, PDG de la MAIF, « nous avons chacun une marque forte. Notre identité sera respectée ». Et c’est bien là la surprise de cette annonce. Chaque mutuelle gardera son autonomie, sa liberté, ses rapports avec ses sociétaires et son indépendance… Pas de fusion des moyens de gestions, poursuite des engagements particuliers, comme c’est le cas de la Macif et de la MAIF avec la Caisse d’Epargne pour une offre bancaire qui devrait voir le jour dans quelques semaines.

Reste évidemment le poids de la structure. La future holding se placera en tête de l’assurance dommages en France, particulièrement sur l’assurance auto et l’assurance habitation. La Sgam sera donc en capacité de négocier de nouveaux services avec des prestataires ou des partenaires en position de force.

Et même si la crise n’est pas à l’origine du projet, auquel « nous avions tous pensé dans notre coin, avant d’en parler dans le dernier quadrimestre 2008 » selon Gérard Andreck, président de la Macif, l’environnement très concurrentiel qu’elle crée demande une optimisation des coûts et du rapport qualité/prix que pourrait permettre l’union de trois « mutuelles solides et très correctement dotées en fonds propres » selon M. Havis.

Il faudra donc attendre le courant de l’année 2009 et plus sûrement le premier trimestre 2010 pour voir l’impact de ce rapprochement dans « un grand pôle mutualiste » qui n’est pour l’instant que l’annonce d’une stratégie un peu floue.