Toutes assurances : “Covéa est un modèle crédible”

La société de groupe d’assurance mutuelle (SGAM) Covéa qui regroupe la GMF, MAAF et MMA présente un résultat 2008 assez bon malgré la crise financière. Pour son président directeur général, Thierry Derez, c’est la preuve que le modèle est « crédibilisé ».

« Covéa est une SGAM pragmatique. Elle bénéficie du développement des trois maisons qui la composent et c’est cet effet de taille qui nous donne des avantages » explique Thierry Derez, le PDG de Covéa.
Avec un poids de plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires, plus de 10 millions de sociétaires et clients et une présence de 2 900 points de vente en France, Covéa est bel et bien un mastodonte de l’assurance.

Et logiquement, la force de négociation est proportionnelle à la taille du groupe. La filiale de gestion de sinistre, AIS, est ainsi en mesure de présenter des évolutions marquantes en 2008 dans son domaine, soulageant d’autant les trois entités.
« La gestion commune des sinistres date de 2006 » rappelle Michel Gougnard, directeur d’AIS, « et nous avons cette année pu négocier des partenariats. Par exemple, nous travaillons avec une centrale d’achat pour les pièces détachées et les peintures pour les véhicules. Les garages affiliés n’auraient jamais pu négocier une remise de cette importance, mais les volumes commandés pour Covéa permettent de baisser les prix ».

La force d’une telle structure est également dans sa capacité à unir les réseaux des différentes enseignes. La création de réseaux d’experts en navigation de plaisance, en construction ou encore de réparateurs deux roues donne des gages supplémentaires de baisse de coûts pour les trois marques à la fois et des arguments commerciaux pour faire face à la concurrence.

Une autre optique est la mutualisation des dispositifs. La GMF, par exemple, se lancera au second trimestre 2010 dans l’assurance santé et va utiliser, pour ce faire, les « systèmes d’informations et de gestion » de MMA, déjà bien positionnées sur le secteur. Le coût de mise en place est donc léger, la performance technique maîtrisée et sûre. Rien de tel « pour un secteur que l’on souhaite se voire développer dans l’avenir au sein de Covéa » confie Thierry Derez.

Un modèle crédible, avec un bilan positif malgré le recul du résultat pour cause de crise financière, et une force affirmée par la taille – celle là même qui « permet, dans l’intérêt des mutuelles, d’aborder des problèmes que seules elles n’auraient jamais pu traiter » – et une rationalisation des systèmes, voilà qui donnera des idées à une autre SGAM (Macif, Maif, Matmut) encore au stade de la réflexion. « C’est surtout l’avantage de pouvoir prendre des décisions rapidement, sans tergiversations » lâche Thierry Derez. Doit-on y voir un message ?