Start-up : La Maif investit 3 millions d’euros dans le cloud personnel

Le groupe Maif a participé au second tour de table de Cozy Cloud et investi 3M d’euros sur les 4M levée par la start-up de cloud personnel.

Disrupter les Gafa. C’est en partant de cette idée que Benjamin André et Franck Rousseau ont fondé Cozy cloud. Le principe repose sur la mise à disposition d’un serveur (virtuel ou physique), personnel pour chaque individu dans lequel il peut synchroniser ses données personnelles. Il peut ensuite choisir de les partager ou non avec les opérateurs de son choix. C’est le self data.

Concrètement, l’utilisateur pourra centraliser photos, compte bancaire, agenda, contacts, factures dans son cloud hébergé en physique chez lui sur un boîtier, ou chez un tiers de confiance qui pourrait être OVH « ou la Maif », explique Benjamin André, CEO de Cozy Cloud. Open source, la plateforme propose un marketplace sur le même modèle que Google Play ou l’App Store proposant des applications destinées à croiser les données contenues dans son cloud.

Après le passage du gros ordinateur central à la démocratisation du PC dans les foyers, Benjamin André croit au passage du cloud général tel qu’il existe aujourd’hui au cloud personnel. Pour les entreprises, l’enjeu est de taille. Le cloud personnel permet d’améliorer l’intimité numérique, et l’accès à des données consolidées sur leur client que les Gafa ne peuvent pas fournir puisque, concurrence oblige, ils travaillent en silo et ne partagent pas leur data entre eux.

Côté sécurité, Benjamin André est convaincu que la répartition de clouds personnels sur de multiples hébergeurs constitue déjà une sécurité en soi en plus des techniques de chiffrement habituelles. « Aujourd’hui, les Gafa concentrent les données de centaines de millions de personnes, rentables pour des hackeurs. Il faut savoir que les numéros de cartes bancaires se monétisent 15 euros sur le marché noir. Hacker un cloud personnel présente finalement peu d’intérêt », souligne-t-il.

Un déploiement est prévu pour le second semestre 2016 avec un modèle économique en B to B to C. Pour l’heure une trentaine d’application ont été développées, mais la start-up mise sur le côté open source et sur les early adopters pour augmenter le catalogue.