Scandale AIG : le versement de primes est “totalement déplacé”

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    Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a estimé mardi que le versement de primes à des cadres de l’assureur AIG, renfloué grâce à des fonds publics, était “totalement déplacé”, alors que des cadres ont accepté de restituer leurs bonus.

    “Ma réaction lorsque j’ai appris ces versements-là a été que, quelle que soit leur logique entrepreneuriale sous-jacente, il était complètement déplacé de verser des bonus élevés à des employés de la division qui a été la source de l’effondrement d’AIG”, devait déclarer M. Bernanke devant une commission de la Chambre des représentants. “J’ai demandé que (ces) paiements soient stoppés, mais j’ai été informé qu’ils étaient conformes à des contrats signés avant l’intervention du gouvernement” pour sauver l’assureur américain, devait ajouter M. Bernanke, selon le texte de son intervention, diffusé sur le site internet de la commission.

    M. Bernanke dit aussi avoir renoncé à porter l’affaire devant la justice après avoir été informé que cela pourrait avoir un “effet pervers en doublant ou triplant les bénéfices des employés” destinataires des primes. M. Bernanke devait s’expliquer devant la commission des services financiers de la Chambre avec le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner sur ce que savaient les autorités dans cette affaire qui a provoqué la colère de l’opinion publique et du Congrès.

    Renfloué par plus de 170 milliards de dollars de fonds publics, AIG a versé 165 millions de dollars en primes à certains de ses cadres. Le chef de la majorité démocrate de la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a indiqué pour sa part que la décision de certains cadres de rendre leurs primes, annoncée lundi, était une victoire, récompensant les efforts du Congrès pour punir ce type d’agissements au sein d’entreprises ayant reçu des fonds publics.

    “Apparemment, la (proposition de) loi de la Chambre des eprésentants a eu son effet. Ils rendent l’argent”, a dit M. Hoyer, évoquant un projet de loi imposant à 90% les primes de ce genre. “Que cette proposition devienne loi ou pas”, elle a montré aux grands groupes américains la profonde colère de l’opinion publique concernant l’utilisation de l’argent des contribuables pour des primes pour les dirigeants, a ajouté M. Hoyer.

    Lundi soir, le ministre de la Justice de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé que des cadres d’AIG avaient accepté de rendre environ 50 millions de dollars au total provenant des primes reçues.  “Mon bureau a travaillé avec AIG et ses employés” pour retracer les 165 millions (de dollars) de primes qui ont été payées le 15 mars 2009, a indiqué M. Cuomo. “Parmi les 20 principaux bénéficiaires, 15 ont accepté de rendre leur prime”, a-t-il ajouté.